L'Agriculteur Charentais 31 décembre 2014 à 08h00 | Par Bernard Aumailley

80 ans 2586 numéros plus tard

Votre hebdomadaire est toujours là, 80 ans après. Regards amusés sur les concepteurs de ce journal pour les agriculteurs abonnés.

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Ne cherchez pas le numéro 1 de l’Agriculteur Charentais… Il est bien au chaud dans les cartons des Archives nationales. En si mauvais état, que la rédaction actuelle, celle qui tient toujours le flambeau 80 ans plus tard, n’a pas pu le consulter.  Huit décennies que ce journal, le plus vieux, maintenant de la presse de Poitou Charentes, apporte son lot de nouvelles, d’articles techniques, de faits, de commentaires et d’opinion. Alors en 1934, un nouvel élan prend un petit groupe d’hommes, parmi lesquels le président de la caisse de Crédit agricole, le président de la Chambre d’agriculture, le président de l’office agricole, des présidents et des vice-présidents de coopératives de stockage des céréales décide de «réformer» le bulletin des syndicats d’élevage en un «vrai journal». Et ils choisissent le… 25 décembre 1934 pour le faire naître. Mais il semble que, cette année-là, Noël était fertile : on gracie, le même jour, Violette Nozière condamnée à mort pour le meurtre de son père. Naîtront cette année-là Jacques Anquetil et Brigitte Barbot. Et après la démission de Gaston Doumergue de la présidence du Conseil, un bref tour de piste d’Edouard Daladier, c’est le même qui est renommé par Albert Lebrun, Président de la République.  Le «pilote» est le tout nouveau directeur des services agricoles de la Charente-Inférieure et il est imprimé à Saintes, au Cours National. Les fées qui se sont penchées sur son berceau portent les noms de ceux qui quelques années plus tard prendront des responsabilités après être entrés en résistance : Charles Dulin (père d’André), Jacques Charrier (président de l’époque de la Chambre d’agriculture), Jacques Verneuil, ingénieur agricole, déjà conseiller général et plus tard député, et l’incontournable Etienne Landrau, président de l’office agricole et lui aussi conseiller général. On y retrouve aussi le directeur de l’école d’agriculture de Saintes qui trouve là le meilleur moyen de « communiquer » sur la vulgarisation des techniques agricoles et de marteler que la formation est un atout. «Notre premier numéro a été accueilli avec une ferveur impressionnante qui s'est caractérisée en dehors de l'approbation des abonnés normaux de nos syndicats et comices qui constituent ceux du «bulletin rouge» par plus de cinq cents adhésions nouvelles. Et ce n'est pas fini, puisque plusieurs autres groupements annoncent leurs adhésions et celle de leurs membres» peut-on lire dès le numéro 2. L’Agriculteur Charentais est donc un succès de presse. Même s’il est, comme aujourd’hui, vendu uniquement sur abonnement.  «C'est la preuve que notre formule de journal a été jugée par eux intéressante et utile, et que nous ne nous étions pas trompés en prévoyant que, dans nos Charentes, elle relierait, par son souci de sincérité, par son intention, d'être à la fois un organe de défense agricole et de renseignements techniques tous les agriculteurs qui savent une action de cet ordre nécessaire et utile.» Qu’est-ce qui anime ces concepteurs : le souci d’objectivité dans l’approche de l’information agricole. Cet aréopage de «pontes» croit ferme à ce que nous appellerions aujourd’hui, le «concept» : «nous avons tenu à montrer dans le premier numéro notre souci d'objectivité et nous continuerons... A ce sujet, les concours les plus précieux nous ont acquis et nous sommes heureux de leur dire que , maintenant, le nouveau directeur des services agricoles de la Charente Inférieure a bien voulu nous accorder le sien et collaborer avec la compétence technique qu'il possède à un haut degré, à la rédaction, comme à la direction ; ce sera la preuve que notre action s'étend sur tout le département et aussi la marque de  notre souci d'impartialité, et de notre volonté d'être avant tout un organe de renseignements et de liaison aussi bien de défense  agricole et d'enseignement technique.» Le «précieux concours» se nomme M. Douence, il est directeur des services agricoles, ingénieur agronome, entré à l’institut national d’agronomie au sortir de la Première guerre, s’est fait professeur d’agriculture, puis a gravi les échelons de la hiérarchie administrative agricole de l’époque. Il veillera durant de nombreuses années aux destinées de l’Agriculteur Charentais, comme ses successeurs, surtout au sortir de la seconde guerre, où le monde agricole était aussi à reconstruire, où le plan Marshall a amené la mécanisation de l’agriculture et la fertilisation. Mais c’est un autre chapitre, une décennie plus tard après la création de l’Agriculture Charentais. Il s’en écrira des dizaines, des centaines durant les 80 ans de l’hebdomadaire.

Lire aussi le contenu du premier journal, comment on réalise l'hebdomadaire aujourd'hui et quel sera -t-il demain

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50 000
La Turquie importe, notamment de la viande bovine (80 % sous forme de bovins maigres et 20 % en bovins finis) pour combler ses besoins sur le marché intérieur. Le pays se place ainsi au 2ème rang mondial des importateurs de bovins, juste derrière l’Union européenne (dans son ensemble). Mais la récente dévaluation de la livre turque fait ralentir ces importations. La France fournissait jusqu’ici 50 000 bovins par an, dont 20 900 broutards (partiellement issus de Poitou-Charentes).

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