L'Agriculteur Charentais 10 avril 2014 à 10h31 | Par Bernard Aumailley

Acime - Compter tous les projets de réserves

Daniel Séguin préside l’association des associations d’irrigants dans le département. Il réagit aux arrêtés.

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Naturellement Daniel Séguin a regardé «de près» sur ces arrêtés cadre. Son premier sentiment est mitigé suivant les bassins. Entrer les irrigants adhérents à des projets de réserves pour ne pas voir baisser leur volume était une donne complexe à fournir. C’est le cas sur le bassin de la Seudre où de nouveaux projets de réserves ont émergé «L’administration a comme référence 3Mm3 alors que les projets porte le volume à 6 Mm3.» Les contrats de territoire ne sont pas encore suffisamment définis pour se déterminer sur l’ampleur des baisses. «Il nous faut pourtant aller vers les chiffres des volumes prélevables. Et à ce jour, nous n’avons trop le choix.»Face à l’arrêté cadre structurel, dans une tendance baissière, il est réaliste : «nous sommes obligés d’atteindre le volume déterminé en 2006, un jour ou l’autre. L’administration a choisi de baisser de manière progressive. Pour ce faire, nous devions présenter des projets de réserve. Certains s’y sont mis tôt. Comme dans le Mignon, du Curé, la Boutonne. D’autres tardent. Ces projets devaient être en place en 2015-2017. Ceux qui se déclarent aujourd’hui risquent d’arriver trop tard et les volumes continuent de baisser.» La répartition dans de «nouvelles zones» a à ses  yeux un avantage: être rattaché à son bassin versant. «Ceux qui vont vers des bassins moins favorables n’auront peut-être pas le temps de mettre en œuvre un projet de réserve. C’est très préjudiciable. L’administration devrait pondérer les baisses.» Selon Daniel Séguin, avec les volumes déterminés en 2006, l’économie agricole va y perdre. «Dans les bassins où la baisse est de 20-30 économiquement c’est toujours possible, viable. Mais sur des bassins, comme la Seudre par exemple, où l’on atteint 70-80 de baisse, ce n’est plus viable. C’est une perte de valeur complète de l’exploitation. Une perte sèche dans des exploitations, qui lorsqu’elles ont arraché les vignes, ont misé sur l’irrigation. On se demande ce que l’on va pouvoir faire : les cultures d’été sans irrigation, c’est, selon moi, la friche assurée.» Il se fait didactique : «lorsque les gens sont partis pour faire des projets de réserve très coûteux, c’est bien signe qu’il y a une valeur ajoutée ! » Sur l’arrêté conjoncturel 2014, Daniel Séguin estime que la «réalité» de l’année n’est pas prise en compte. Des terres sont encore trop gorgées d’eau actuellement. Il prend en exemple l’ajustement qu’il existe en Beauce avec les niveaux de nappes au 1er mai : cela induit la baisse des volumes. « Arrêtons de faire plus blanc que blanc ! Le fameux 8 années sur dix sans problème. Mais quid des années comme 2014 où les nappes sont importantes ? Sur la Seudre, en 2017, ils n’auront quasiment plus le droit d’irriguer. Une année comme 2014 ou même 2013, ils pourraient irriguer.» Une adaptation administrative qui semble impossible sous nos latitudes. Il perçoit une «ébauche de discussion» avec cette dernière, mais «le rouleau compresseur avance toujours.» Il espère être entendu sur les projets de réserve qui émergeront après 2015-2017 pour qu’ils gèlent aussi les baisses de volumes. «Ne focalisons pas que sur les projets terminés à cette date ! Surtout s’il y a des blocages juridiques. Les réserves répondent à la problématique de l’eau dans le département.»  B.A.

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