L'Agriculteur Charentais 13 mars 2014 à 08h00 | Par Bernard Aumailley

AG FNSEA17 - Des moyens unitaires de se mobiliser pour une vraie assurance

Mettre de côté, volontairement, de l’argent pour indemniser en cas de pépins sanitaires n’est pas nouveau. Mais de là, à l’étendre aux autres risques : climatiques, marchés.

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Joël Limouzin, vice-président de la structure nationale FNSEA, était didactique. Aux côtés des défenses classiques de la profession, de son revenu, des batailles contre la réglementation galopante, qu’il ne délaisse en rien, sur lesquelles il ne lâche rien, il pousse le bouchon plus loin sur l’anticipation des crises. Vu de son poste de président du Fmse, obtenir l’alignement des troupes est un art difficile. Un art de la guerre, qu’il a sans doute forgé dans le syndicalisme agricole. Le fond de mutualisation sanitaire et environnemental dont il a la charge lui sert d’exemple pour «fédérer le risque.» Le principe est simple : 35 % de cotisations professionnelles, 65 % de financements français et européens mobilisés. «Cela nous permet de flécher des aides européennes dans ces domaines. Ce fonds est géré par les agriculteurs.» Un bon point à ses yeux dans la «responsabilisation» de chaque filière. Et c’est ce qu’il recherche. Rassembler dans une structure unique la gestion des risques. Dur labeur fait de négociations constantes. Ont rejoint le système Fmse, le maïs, les plants de pommes de terre, la production porcine, les fruits. «L’idée à travers ce dossier sanitaire, c’est une problématique voulue par la FNSEA pour accompagner l’ensemble des filières.» Rebondissant sur le cas de la flavescence dorée, Joël Limouzin propose que «l’ensemble des filières doit intégrer le Fmse et créer chacune leur section. Y compris le viticole. Laisse-t-on chaque région régler son problème ou est-on dans une approche mutualisée avec une responsabilisation au sein de la filière viticole ?» Il extrapole : un problème de dioxine ne choisit pas ses filières… «Le Fmse, dans ses statuts, peut indemniser dans ces problèmes environnementaux à partir du moment où cela est causé par un tiers et fera des recours judiciaires.» Pour peu que chaque filière soit dans le Fmse. Joël Limouzin estime que «c’est la première base sur la gestion du risque.» Il n’y voit pas un désengagement de l’Etat sur les maladies réglementaires. «Nous avons suffisamment d’experts dans nos filières pour monter nos dossiers sur le risque.» Le président Fmse sollicite une approche globalisée des filières, «dans l’année.» Avec les GDS, il espère une «association» dans le dispositif dans le cadre des nouveaux OVS (organismes à vocation sanitaire), où l’Etat déléguera des missions aux Fedon, aux FRGDS et peut-être aux coops. Des atermoiements qui l’irritent : «quand tombe le problème, si nous n’avons rien mis en place alors que nous avons aujourd’hui l’outil… c’est inconcevable.» Le Fmse pourrait monter sa section ruminants «avec ceux qui veulent travailler sur le sujet, avec ou sans les GDS» annonçait-il, «les GDS ont le savoir-faire, une expérience et toute la légitimité, un fonds sanitaire privé. Transférons le tout.»

Lire la suite dans notre édition du 14 mars

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François Avrard : A force de coup de butoir

«C’est difficile de s’engager» débutait le président de la FNSEA 17, irrité par le manque d’écoute de l’administration. «Notre force, c’est l’implantation locale la plus ramifiée, des syndicats locaux et cantonaux vivants.» Une «force collective» à cultiver. Candidat à un nouveau mandat avec un bureau renouvelé, François Avrard n’a pu s’empêcher de décrire le «dialogue de sourds» avec l’administration. Il cite en exemple l’incongruité du 5ième programme de la directive nitrates ou le prochain arrêté cadre irrigation. Des mois de discussion qui «débouchent sur des propositions totalement inacceptables.» Il supporte d’autant moins que le DRAF reconnaît l’inefficacité du programme sur la qualité des eaux. «Mais il ne changera pas une virgule !» Résultat, une manif monstre à Rochefort pour dire non. «Rien n’est écrit de la part de l’administration sur l’engagement pris à l’égard des éleveurs qu’ils n’aient pas de mise aux normes à réaliser du fait du resserrement des calendriers d’épandage.» Le président de la FNSEA 17 est consterné par les coups de butoir permanent pour décourager l’irrigation. «Comment justifier autrement les obstacles permanents mis à la réalisation des projets de réserve ?» Il avertit : «la colère monte encore cette année» et n’exclut pas des actions syndicales. Quant à la nouvelle PAC et ses conséquences, largement débattue lors des réunions cantonales, il constate : baisse prévue des soutiens, pénalisation des systèmes semi-intensifs à intensifs, surcompensations des double-actifs et des retraités faisant faire des terres à façon. «Nous sommes capables de nous adapter pour peu que les pouvoirs publics tiennent leurs engagements.» Et, ce qu’il nomme «cerise sur le gâteau», la pénalité européenne (1,2 milliard) pour défaut de RPG, l’horripile. On va se remettre à vérifier et sont à prévoir des retards de paiement. «Pas question de participer à une opération mains propres !» conclut-il avant de passer en revue la Loi d’avenir et d’insister sur la notion d’actifs agricoles.

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80 000 téc
Selon une estimation de l’Institut de l’élevage (Idele), datée de septembre 2016, ce ne sont pas moins de 80 000 tonnes équivalents carcasses (téc) supplémentaires qui devraient arriver sur le marché européen, sur les six derniers mois de l’année de 2016 par rapport à 2015. D’après l’Idele, la hausse des tonnages abattus en France, Allemagne, Royaume-Uni, Irlande, Pays-Bas, Pologne, Belgique et Danemark, «atteindrait +30 000 téc par rapport à 2015 au 3e trimestre (soit +7%/2015) et +50 000 téc au 4e trimestre (soit +10%/2015) ».

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