L'Agriculteur Charentais 27 juin 2013 à 10h45 | Par Alexandre MERLINGEAS

AGNEAUX CERTIFIÉS - En quête de solutions pour enrayer la baisse des effectifs

Limiter leurs ventes en grandes surfaces lors de certaines opérations promotionnelles faute de production.

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- © Stéphane LEITENBERGER

Paradoxalement, les cours de l’agneau se portent bien et c’est cette situation favorable qui pénalise en partie les labels comme l’IGP agneau Poitou-Charentes. Voilà un des constats qui s’est dégagé lors de l’assemblée générale de l’Association pour la défense et la promotion des agneaux certifiés en Poitou-Charentes qui a eu lieu le 21 juin à Confolens.La baisse du nombre d’élevages et de brebis entrant dans la démarche IGP agneaux Poitou-Charentes se poursuit depuis 2009 et entraîne un reflux de la commercialisation (voir encadré ci-dessous). Ce recul est partiellement compensé par l’augmentation du nombre d’agneaux commercialisés en label rouge Le Diamandin, dont la baisse des effectifs est moins importante, même si la situation reste préoccupante pour les responsables de l’association. «Nous avons des marchés en croissance, selon Jean-Louis Vollier, le directeur. Nous n’avons pas de mal à vendre mais nous manquons de producteurs et de production ». Des propos confirmés par Agnès Logerais, Responsable filière chez Kermené, site d’abattage, de découpe et de transformation de produits carnés fournissant l’enseigne Leclerc, dont il est la filiale. «Lors de la dernière opération de promotion, nous avons écoulé 12 000 agneaux Poitou-Charentes mais nous aurions pu en vendre 14 000, dit-elle. Il va falloir donner le sentiment qu’on est capable ensemble de réussir ce genre d’opérations de communication et de fournir les volumes nécessaires».

Communiquer avec les éleveurs
En 2012, 73 arrêts du label ont été enregistrés dont une bonne part volontairement pour des raisons commerciales. Actuellement, les éleveurs peuvent vendre aussi cher à des négociants sans les contraintes du cahier des charges. «Il va falloir réagir par des actions de terrain, selon Jean-Louis Vollier. Peut-être qu’on ne communique pas suffisamment avec les éleveurs mais on ne peut pas rester comme cela, 22 000 brebis sont parties de la démarche». «Il faut une reconnaissance financière à un moment donné», constate Patrick Soury, le vice-président. «Il faut montrer la plus-value réalisée avec les agneaux labellisés», selon Daniel Gaillard, le président.Et puis, se pose aussi la question du désaisonnement durant cette période de l’année très pénalisante de novembre à janvier où la production se fait rare et pendant laquelle des marchés se perdent. Le problème est que l’insertion au cahier des charges de la race romane qui faciliterait cette pratique ne garantit pas un produit avec la même conformation en gras et en rendement carcasse. «Les bouchers veulent un produit régulier, de qualité et de conformation irréprochable. Ce sont des puristes», a indiqué Agnès Logerais.Par ailleurs, certains éleveurs se sont prononcés pour un assouplissement du cahier des charges dans des périodes difficiles comme actuellement avec un prix de l’aliment élevé.

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