L'Agriculteur Charentais 18 juillet 2013 à 11h01 | Par Yannick Curt

Assemblée nationale - Les députés lancent un cri d’alarme pour l’élevage

Des députés mettent en avant les difficultés que traverse l’élevage et avancent des pistes pour améliorer la situation.

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«Un véritable cri d’alarme». C’est ce que retiennent les députés Germinal Peiro (PS) et Alain Marc (UMP), après avoir auditionné les acteurs de l’élevage français depuis fin mars. Ce cri d’alarme, les parlementaires le relayent dans un rapport d’information sur l’élevage bovin laitier et allaitant en France, adopté le 10 juillet 2013 par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale. «Il est nécessaire d’assurer aux éleveurs une juste rémunération en rapport avec les astreintes et les contraintes inhérentes à leur métier. Nous devons soutenir un rééquilibrage en direction de l’élevage dans la redistribution des aides de la Pac : ceux qui travaillent le plus ont les revenus les plus faibles» expliquent-ils. «Ce n’est pas s’en prendre aux grandes cultures, mais c’est simplement avoir les chiffres en tête», précise Alain Marc. Le rapport chiffre le travail d’un éleveur à 3 600 heures par an contre 800 pour un céréalier, générant un revenu moyen de 26 500 euros pour les éleveurs laitiers, de 15 400 pour les éleveurs de bovins à viande, et de 72 000 pour un producteur de grandes cultures. Un consensus a régné entre tous les partis politiques présents lors de l’audition, l’ensemble des députés demandant aux rapporteurs «d’aller plus loin».Hausse des coûts de production difficiles à répercuter, charge de travail plus en phase avec la société, concurrence des grandes cultures, «les éleveurs sont confrontés à de nombreuses difficultés, tant conjoncturelles que structurelles. Les conséquences sont dramatiques. On assiste à un accroissement des arrêts d’activité, entraînant des problématiques d’emplois et d’activité économique sur les territoires», analysent Germinal Peiro et Alain Marc. Tous deux connaissent bien ces questions, étant respectivement élus de Dordogne et d’Aveyron.Mais «malgré ces difficultés», les rapporteurs «considèrent que l’élevage a un avenir en France». Présent dans plus d’une exploitation sur deux et dans 95% des cantons, l’élevage de ruminants fait vivre71 000 éleveurs laitiers et 60 000 allaitants, ce qui le rend indispensable à l’emploi, à l’aménagement des territoires ou encore au tourisme, selon les députés. Et ces derniers croient fermement à l’avenir de l’élevage, puisque, paradoxalement, les marchés sont extrêmement porteurs : l’élevage français a de nombreuses opportunités, notamment à l’export, avec des produits dont la demande est en augmentation.

Miser sur les signes de qualité et développer l’export

Germinal Peiro et Alain Marc réclament un «juste prix» des produits «qui permette à chacun de vivre décemment de son travail», et une meilleure équité dans les relations commerciales. Concernant la réforme de la Pac, ils demandent un recouplage des aides qui profite à l’élevage et une application de la surprime aux 50 premiers hectares. Ils préconisent une convergence lente, puisque si le droit à paiement unique à l’hectare devrait augmenter de 19% pour l’élevage bovin viande à l’herbe, il devrait baisser de 15% pour l’élevage bovin lait, et de 31% pour l’élevage bovin lait/maïs. Enfin, ils se projettent déjà vers la réforme de 2020, en étudiant «un système d’aides contracycliques». Pour le lait, ils demandent des études complémentaires sur l’après-quotas et la création d’une Agence européenne de régulation du secteur laitier. Les députés suggèrent aussi un développement de la méthanisation et de l’autonomie protéique et fourragère des exploitations, la possibilité d’un étiquetage «viande bovine française», une politique forte de modernisation des bâtiments d’élevage, une reconduction du crédit impôt remplacement, la constitution d’un groupement d’intérêt économique en charge de la promotion des produits laitiers pour dynamiser les exportations, et la mise en place d’une contractualisation pour la viande bovine.Ils suggèrent de travailler sur des productions de qualité et sur les circuits courts, notamment dans la restauration hors foyer. Enfin, ils appellent un «choc de simplification» au profit de la compétitivité, avec notamment la suppression des tests ESB et le relèvement du seuil pour les installations classées.

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50 000
La Turquie importe, notamment de la viande bovine (80 % sous forme de bovins maigres et 20 % en bovins finis) pour combler ses besoins sur le marché intérieur. Le pays se place ainsi au 2ème rang mondial des importateurs de bovins, juste derrière l’Union européenne (dans son ensemble). Mais la récente dévaluation de la livre turque fait ralentir ces importations. La France fournissait jusqu’ici 50 000 bovins par an, dont 20 900 broutards (partiellement issus de Poitou-Charentes).

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