L'Agriculteur Charentais 30 avril 2015 à 08h00 | Par François Xavier Simon

Boissons alcoolisées : La future stratégie de l’Union pour la santé inquiète

Les réflexions en cours des ministres de la santé des 28, inquiètent les organisations agricoles.

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Le ministre letton a estimé que l’indication des ingrédients et calories sur l’étiquette des boissons alcoolisées pourrait jouer un rôle dans la lutte contre le surpoids.
Le ministre letton a estimé que l’indication des ingrédients et calories sur l’étiquette des boissons alcoolisées pourrait jouer un rôle dans la lutte contre le surpoids. - © CRONENBERGER

La nécessité, ou non, d’élaborer une nouvelle stratégie de l’UE pour lutter contre les dommages liés à l’alcool a fait l’objet, le 20 avril, d’un échange de vues informel des ministres de la santé des Vingt-huit réunis, à Riga, à l’invitation de leur homologue letton, dont le pays préside le Conseil de l’Union. La discussion a essentiellement confirmé l’importance des priorités de la stratégie actuelle qui porte sur les prix et taxes, la commercialisation et les restrictions, les mesures législatives contre l’alcool au volant et la sensibilisation de l’opinion publique. Le ministre letton, Guntis Belevics, a estimé par ailleurs que l’indication des ingrédients et calories sur l’étiquette des boissons alcoolisées pourrait jouer un rôle dans la lutte contre le surpoids. Une telle obligation est du ressort des États membres, a rappelé le directeur général général de la santé et la sécurité à la Commission de Bruxelles, Ladislav Miko, qui s’est félicité de la décision volontaire des brasseurs européens de procéder à cet étiquetage, dans un souci de transparence vis-à-vis des consommateurs. 
Un risque de pénalisation de la consommation modéréeDans une lettre, adressée le 17 avril, au ministre letton de la santé, le Copa-Cogeca (organisations et coopératives agricoles de l’UE) critique sévèrement un document de réflexion présenté aux Vingt-huit par le Comité de politique et d’action nationales en matière d’alcool (Cnapa) établi depuis 2007 par la Commission de Bruxelles et composé de délégués nationaux nommés par les États membres. Ce texte, déplore-t-il, préconise une nouvelle stratégie de l’UE qui «ne concerne pas l’abus d’alcool mais la consommation d’alcool dans son ensemble, pénalisant ainsi les consommateurs modérés de vin et de spiritueux».

Menace de mesures prohibitives

Un Conseil informel des ministres de la santé devrait se tenir prochainement, sous présidence lettone, pour discuter d’éventuelles mesures restrictives de la consommation de vin au nom de la santé. En préparation de ce Conseil, un groupe d’experts des États membres a émis des recommandations tendant à confondre consommation à risque et consommation courante, a indiqué le délégué général de l’UMVin (le syndicat des négociants en vin), Nicolas Ozanam, le 14 avril lors d’une rencontre de presse. Ces recommandations pourraient être considérées comme la future stratégie de l’UE sur la consommation de boissons contenant de d’alcool.«Pour nous c’est une vraie préoccupation». En effet, les conséquences de ces éventuelles orientations pourraient être la restriction de la publicité pour le vin, l’instauration de prix minimums pour le vin, voire la réduction des soutiens au secteur viticole, a évoqué le dirigeant de l’UMVin.

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La Turquie importe, notamment de la viande bovine (80 % sous forme de bovins maigres et 20 % en bovins finis) pour combler ses besoins sur le marché intérieur. Le pays se place ainsi au 2ème rang mondial des importateurs de bovins, juste derrière l’Union européenne (dans son ensemble). Mais la récente dévaluation de la livre turque fait ralentir ces importations. La France fournissait jusqu’ici 50 000 bovins par an, dont 20 900 broutards (partiellement issus de Poitou-Charentes).

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