L'Agriculteur Charentais 02 mai 2013 à 09h55 | Par Jean Michel LAMY

Bovin laitier - Evaluation de la détection automatisée des chaleurs par différents appareils

La détection automatisée des chaleurs en élevage a fait l’objet d’avancées technologiques importantes ces dernières années avec une variété d’outils de plus en plus large.

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Ces outils automatisés d’aide à la détection des chaleurs ont l’avantage de mesurer l’activité des vaches en continu avec de bonnes performances.
Ces outils automatisés d’aide à la détection des chaleurs ont l’avantage de mesurer l’activité des vaches en continu avec de bonnes performances. - © UNCEIA - Pascal Pulvéry

Une étude a été réalisée à la ferme expérimentale des Trinottières en partenariat avec l’Institut de l’élevage, le Clasel, Creavia, et l’Unceia.

Comparaison de trois dispositifs
Les travaux ont porté sur l’évaluation de la qualité de détection de trois outils et les facteurs pouvant influencés leurs performances : le podomètre Afitag® (Afimilk) utilisé sur l’exploitation des Trinottières et deux détecteurs d’activité : Heatime¬ruminact® (Milkline) et Heatphone® (Medria). Ces équipements sont positionnés sur les animaux et les informations collectées sont transférées sur un terminal informatique. Les alertes peuvent être consultées sur l’écran de l’ordinateur. Pour le système Heatphone®, un SMS est également envoyé à l’éleveur pour lui indiquer les animaux potentiellement en chaleur.

63 vaches équipées simultanément des 3 appareils
Dans un premier temps, des dosages bihebdomadaires de la progestérone dans le lait du 7ème 90ème au jour post¬partum ont été effectués sur les 63 vaches afin de valider les périodes potentielles d’œstrus et d’analyser la reprise de cyclicité du troupeau. Dans un second temps, il a été possible de qualifier les alertes fournies par les 3 dispositifs de détections : chaleurs bien détectées, alertes à tort (fausses détections), chaleurs non détectées.
L’algorithme de calcul qui génère les alertes du Heatphone® est évolutif. A la fin de l’essai, un nouvel algorithme a été proposé par le constructeur et de nouvelles alertes ont été simulées à postériori. Ce 2ème algorithme a également été étudié sous la dénomination Heatphone® 2.

Une reprise de cyclicité classique en Prim’Holstein
Les reprises et profils de cyclicité des vaches sont cohérents avec la littérature connue en Prim’Holstein. Trois vaches ne sont pas revenues en chaleur sur la période étudiée. Pour les autres, la reprise de cyclicité a eu lieu en moyenne à 27,7 ±9.8 jours après le vêlage. A 30 et 50 jours post¬partum, respectivement 62 % et 94 % des vaches étaient cycliques. Au total 214 périodes potentielles d’œstrus ont été identifiées permettant de caractériser différents profils de cyclicité (tableau 1).

Une qualité de détection variable selon les appareils
Le podomètre utilisé dans cet essai a présenté peu de dysfonctionnements et a détecté 73 % des œstrus. Par contre, il a émis également 28,4 % d’alertes hors période de chaleurs.
Le Heatime¬ruminact® a présenté un nombre non négligeable de dysfonctionnements. Il a permis de détecter 55 % des ovulations dans notre étude et 63 % si l’on enlève les périodes de dysfonctionnement. Par contre, il a émis seulement 15,8 % de fausses alertes. Le Heatphone® a présenté peu de pannes. Le nouvel algorithme améliore la fiabilité de l’outil avec un taux de détection de 60,7 % et 11,7 % d’alertes à tort.
Une qualité de détection influencée principalement par le rang d’ovulation. Dès la 2ème ovulation, la qualité de détection est nettement améliorée, qu’il s’agisse de cycles normaux ou anormaux. Environ 80 % des chaleurs sont détectées pour l’ensemble des dispositifs (graphique 1). De la même manière, la précision de chacun des appareils est améliorée avec de 89 % à 91 % de bonne détection pour l’activimètre Heatime¬ruminact® et de 96 à 98 % pour le Heatphone®2. (graphique 2). Il est probable que la détection médiocre de la première ovulation soit liée à une expression comportementale réduite. Chez les multipares de rang de lactation supérieur ou égal à 3, la sensibilité de détection des chaleurs est également plus faible.
Ces outils automatisés d’aide à la détection des chaleurs ont l’avantage de mesurer l’activité des vaches en continu avec de bonnes performances. Ces dispositifs permettent de limiter l’astreinte de surveillance. L’intérêt de l’investissement dépendra du système d’élevage (étalement des vêlages, nombre de vaches…) et des objectifs propres de l’éleveur (performances de reproduction, confort de travail…).

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