L'Agriculteur Charentais 19 septembre 2013 à 09h46 | Par Thibaud DESCHAMP, Céline DRILLAUD, Jean Louis MOYNIER

Cahiers de cultures - Tout a dépendu de l’état des cultures et de la nutrition azotée durant la montaison

L'Agriculteur Charentais publie un dossier complet de 9 pages préparé par Arvalis sur les variétés de blés tendre, durs, les orges et les escourgeons ainsi que des préconisatins pour les semis et les dates de semis.

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- © Arvalis

L’analyse des  blés récoltés révèle une grande variabilité des teneurs en protéines des grains, avec une variabilité de 8 à 12 %. La moyenne se situe entre 10,5 et 11 % en Poitou-Charentes. Les différents apports d’engrais azotés ont été suivis de pluies régulières qui ont permis d’optimiser leur solubilisation et la valorisation de l’azote par la culture. En sols sains, jusqu’à mi-mai, les indices de nutrition azotée (INN) reflétant l’état de nutrition azotée des plantes, sont bons. Il y a eu une bonne absorption et valorisation de l’azote du sol et de l’azote apporté, visibles sur des cultures en bon état végétatif. Un changement s’opère dès la floraison : une carence en azote devient marquée et les prévisions des teneurs en protéines pessimistes.En sols marqués par l’excès d’eau, la capacité des plantes à absorber les minéraux a été perturbée sous l’effet de la saturation en eau des sols persistante courant montaison (alternance d’épisodes de ressuyage et de saturation en eau au printemps). De plus, l’enracinement réduit par l’excès d’eau hivernal, a limité les capacités de valorisation de l’azote du sol. En conséquence, l’état de nutrition azoté à floraison est des plus faibles dans ces milieux.

Enjeu de la fertilisation azotée : dose, fractionnement et date d’apport
L’azote du sol : conséquence de faibles reliquats post-récolte et d’une lixiviation de l’azote nitrique parfois élevée pendant l’hiver, les reliquats d’azote du sol en sortie d’hiver sont faibles. De plus, les conditions climatiques du printemps de par les faibles températures recensées impactent sensiblement la minéralisation de l’humus du le sol. En effet, l’année 2013 est une des années les moins minéralisantes de ces 20 dernières années. La saturation en eau du sol causée par les fortes pluviométries impacte l’absorption des nutriments par la plante et cause ainsi des carences. Fertilisation azotée : Les deux premiers apports, fin février, courant tallage, et début mars, anticipant souvent le stade épi 1 cm d’au moins 8-10 jours, ont été faits dans de bonnes conditions mais à des stades souvent précoces. 70-80 % de la dose totale d’azote prévue a été apporté avant le stade épi 1 cm : la culture disposait de suffisamment d’azote pour ses besoins de début montaison.

Les retards de stades s’accentuent
Dans beaucoup de situations les apports d’azote complémentaires sont réalisés entre le 15 et le 25 avril, les agriculteurs profitant de conditions pluviométriques favorables. Les cultures sont alors entre 1 et 3 nœuds seulement.Les stades «Sortie de la dernière feuille/gonflement», optimum pour d’assurer rendement et qualité, n’interviennent que vers le 5-10 mai. En anticipant la période idéale d’apport en déclenchant les compléments trop tôt, l’azote s’accumule dans les organes bas de la plante et la remobilisation de l’azote stocké vers l’épi à partir de la floraison est pénalisée. D’autre part, les bonnes conditions de croissance en fin de montaison, notamment dans les sols superficiels, entraînent un dépassement de l’objectif de rendement initial : les doses prévues en sortie d’hiver s’avèrent insuffisantes.En résumé : l’épuisement précoce des reliquats d’azote minéral du sol en sortie d’hiver, la faible minéralisation au printemps, l’absorption des apports d’azote à des stades de montaison précoces, et des doses totales parfois inférieures à l’optimum, se sont traduits par un état de nutrition azotée très faible au moment de la floraison.Dans ces situations, les teneurs finales en protéines sont souvent inférieures à 10.5 % et sont généralement révélatrices de pertes de rendement. Au contraire, les parcelles ayant reçu leur dernier apport à partir du gonflement (première quinzaine de mai) révèlent des teneurs en protéines normales (env. 11.5 à 12 %) lorsque les doses totales apportées sont en adéquation avec le rendement en grain. Notons qu’exceptionnellement cette année, des apports beaucoup plus tardifs (au-delà de l’épiaison) ont pu se traduire par des améliorations de teneur en protéines voire de rendement. Ce type de pratique, souvent risqué dans nos régions compte tenu des risques de sécheresse plus prononcé au-delà du 15-20 mai, s’est avéré payant cette année grâce aux pluies tardives et aux températures fraîches de fin de cycle. Il fallait donc, plus que jamais, adapter le fractionnement aux stades réels des cultures et non à des dates calendaires et recourir à des outils de pilotage en fin de montaison  (Jubil, NTester, Farmstar,…) pour adapter les doses au potentiel effectif des parcelles. Le choix d’une variété ayant une teneur en protéines élevée peut permettre de limiter les risques lorsque le débouché visé est exigeant vis-à-vis de ce critère.

Lire la suite dans notre édition du 20 septembre

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80 000 téc
Selon une estimation de l’Institut de l’élevage (Idele), datée de septembre 2016, ce ne sont pas moins de 80 000 tonnes équivalents carcasses (téc) supplémentaires qui devraient arriver sur le marché européen, sur les six derniers mois de l’année de 2016 par rapport à 2015. D’après l’Idele, la hausse des tonnages abattus en France, Allemagne, Royaume-Uni, Irlande, Pays-Bas, Pologne, Belgique et Danemark, «atteindrait +30 000 téc par rapport à 2015 au 3e trimestre (soit +7%/2015) et +50 000 téc au 4e trimestre (soit +10%/2015) ».

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