L'Agriculteur Charentais 04 décembre 2014 à 08h00 | Par Bernard Aumailley/Laurence Guilemin

Chambre d’agriculture : Avis de mauvais temps… l’institution mise à mal financièrement

Session morose : conjoncture, finances, contraintes. Session balisant l’avenir : régionalisation, révision des MAE.

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- © AC17

Lorsque la Chambre d’agriculture dresse un portrait de la ferme Charente-Maritime, elle étaye son argumentation «d’une économie difficile», avec quelques chiffres. Luc Servant en tête : «cette année va laisser un goût amer, même si les récoltes ont été globalement bonnes. Les résultats économiques sont décevants à cause de la baisse des prix et la hausse des charges.» Impactée fortement, la ferme Charente-Maritime vacille dans le portrait qu’en a présenté Luc Servant et qui répétera vendredi, lors de la conférence agricole au Conseil général : «sur six ans, nous aurons connu deux bons, un moyen et trois mauvais à très mauvais !» Les perspectives ne sont «pas joyeuses», «où l’on n’est très loin du compte» hormis un niveau élevé pour la viticulture. Il ajoute le contexte des baisses des aides PAC en 2015 qui «rajouteront une couche négative.» Luc Servant estime qu’en plus la prise en compte de critères BCAE cette année conduira à un «casse-tête» : «on avait annoncé une simplification de la PAC… mais là on repart dans la complexité !» L’accompagnement des agriculteurs devient une nécessité. Béatrice Abollivier propose des réunions explicatives communes.

Bis repetita ?
Le président de la Chambre d’agriculture s’inquiète d’une PAC aussi ponctionnée pour d’autres financements. «Il y a une volonté européenne d’utiliser les sanctions sur des dépassements de quotas pas exemple pour les remettre sur d’autres programmes. » Idem des conséquences de l’embargo russe, notamment en lait. «Il faut noter qu’aucun dirigeant français ne travaille autour du Commissaire à l’Agriculture. Quelle sera l’influence française ? Est-ce acceptable pour le premier pays producteur agricole européen ?» Sur le second pilier, dans un budget en hausse, régionalisé, 560 M€ en Poitou Charentes, il souligne que les mesures ICHN pourraient «compenser.» La mise en œuvre de ce second pilier n’est toujours pas validée par l’Europe… et devrait débuter en 2015. Il y a donc du souci pour les MAE : «rien n’est validé là-dessus.» Les MAE T deviennent climatiques (MAE C) et sont «importantes» dans le soutien aux prairies dans les zones humides : «notre crainte est que ces nouvelles mesures amène de nouvelles contraintes et par conséquent un abandon de l’élevage.» La Chambre reste opérateur dans la mise en œuvre dans certains marais. «Tout doit aller très vite. 2015 sera une année importante où tous les contrats repartent à zéro : 900 dossiers à instruire pour 650 exploitations concernées, 4000 ha. Les budgets sont tributaires d’une partie de financement national. La crainte existe d’une année blanche par manque de financement !» Idem pour les dossiers installations DJA en souffrance. C’est aussi la «double peine», car on parle de disparition des références historiques de l’exploitation : «à quand la simplification dans l’installation ? Le dossier est très compliqué et lourd. Qui peut dire ce que sera l’économie agricole dans 4 ou 5 ans?» 50 installations par an en Charente-Maritime.

Lire la suite et l'explication du budget 2015 dans notre édition du 5 décembre

Mutualisation ou régionalisation ?

«Les deux, Mon Général !» répondent en chœur le président et le directeur de la Chambre d’agriculture. «Nous avons pris l’engagement en région d’avancer de manière forte dans la mutualisation.» Didier Gauchet fait le distinguo : mutualisation c’est optimiser moyens et compétences entre les chambres «comme en Cuma», régionalisation, c’est confier à une structure régionale une tâche. La seconde est l’option prise pour les «services supports» : EDEI, finances et budget, marketing, formation, qualité, RH, centrale d’achats, informatique.  «Une mutualisation rend plus performant à moindre coût» analyse Didier Gauchet. «Le lien avec les agriculteurs reste aux chambres départementales.»Mais quid d’un schéma dans une vaste région : Aquitaine, Poitou-Charentes, Limousin ? «Nous avons réfléchi dans ces régions au devenir des chambres» souligne Luc Servant, «nous allons travailler sur une autre échelle, avec une instance supplémentaire.» L’épicentre sera Bordeaux autour de la métropole éponyme.

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Le chiffre de la semaine
1,9 Mt
Le spécialiste en gestion du risque de prix ODA a estimé le 4 mai que les céréaliers vont conserver 1,9 Mt de blé de la récolte 2015. Ses prévisions indiquent «une baisse des livraisons dans les prochaines semaines et un report possible sur la campagne à venir de 1,9 Mt chez les céréaliers, ce qui ne manquera pas de faire évoluer les prix de la récolte 2015 à la hausse», selon un communiqué. Explication : les producteurs sont tentés de conserver leur blé pour profiter de meilleurs prix.

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