L'Agriculteur Charentais 10 septembre 2015 à 08h00 | Par l'Agriculteur Charentais

Christiane Lambert : Une valse à trois temps

Vice-présidente de la FNSEA

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- © Pamac/S. Chatenet Giraud

C'est le rythme que nous avions choisi pour l'action syndicale de l'été face à la crise des productions.
Un premier temps économique avec  la pression,  les tables rondes et la mise sous surveillance des acteurs économiques, industriels et distributeurs pour revaloriser les prix trop bas afin d'équilibrer nos comptes. Force est de constater que ce premier temps mérite qu'on maintienne la pression en continu pour obtenir les prix plus justes et de meilleures pratiques commerciales. Le médiateur a du travail et doit être efficace et respecté.
Le deuxième temps, c'est celui des comptes demandés aux pouvoirs publics qui doivent aller plus loin que le plan d'urgence squelettique du Ministre annoncé le 22 juillet et bien loin des besoins.
Notre mobilisation historique du 3 septembre - 7000 manifestants et 1733 tracteurs - visait à obtenir une réévaluation substantielle du plan d'urgence et l'allègement des charges et des normes.
Manuel Valls a corrigé la copie du ministre et triplé l'enveloppe, mais les besoins de trésorerie sont tels que l'inquiétude persiste. Au travail, vite, pour servir les cas les plus urgents et pointer les insuffisances. Sur la baisse des charges, il y a trop peu.  Le projet de loi de finances en fin d'année est notre prochain rendez-vous pour des mesures fiscales structurelles (réserves défiscalisées, suramortissement ciblé...).
Pour la pause exigée sur les nouvelles normes, Manuel  Valls a clairement dit «aucune mesure nationale allant au-delà des obligations européennes ne sera prise». C'est dit ! Les administrations nationales, régionales et départementales devront se mettre au pas et cesser le tourbillon réglementaire incontrôlé : la valse à 1000 temps... ce n'est plus tenable!
Enfin, le troisième temps de l'action syndicale s'est tenu à Bruxelles lundi avec un Conseil des Ministres exceptionnel pour mettre en place des mesures de gestion de crises. Hélas... quelle déception !
Rien sur la revalorisation des prix d'intervention sur le lait, rien sur la compensation de l'embargo russe, ni sur sa levée partielle, juste la promesse d'une aide aux producteurs de lait et du stockage de poudre de lait et de porcs. Non ! C'est une provocation, un aveu d'impuissance de la Commission à trouver un consensus pour des actions efficaces.
La copie est à revoir à 100 %, le rendez-vous est pris mardi 15 prochain.
De tous temps l'action syndicale a nécessité de la constance ; plus que jamais notre action s'inscrit dans le temps. Restons mobilisés et déterminés.

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Le chiffre de la semaine
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Quinze des 29 projets agricoles déposés par les zadistes de Notre-Dame-des-Landes ont d’ores et déjà été jugés «éligibles» à la signature de conventions d’occupation précaire (COP), a annoncé le 14 mai le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert. Pour les autres projets, «nous avons encore besoin de temps pour continuer à les examiner», soit en raison de dossiers incomplets, soit du fait de conflits d’usage avec d’autres exploitations agricoles, a ajouté le ministre.

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