L'Agriculteur Charentais 19 juin 2014 à 08h58 | Par Myriam Tricoci

Christophe Perraud - «Une ré-assurance dans un monde qui bouge»

Secrétaire général adjoint de la FNCuma

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- © M. Tricoci

Pouvez-vous nous brosser rapidement le portrait des CUMA d’aujourd’hui ?
Les CUMA ont évolué. Même si le modèle des années 1960 persiste avec beaucoup de CUMA spécialisées dans le domaine des tracteurs et des automoteurs de culture et de récolte. Il y a, aujourd’hui, en France, 11 500 CUMA dont le chiffre d’affaires moyen est de 50 000 euros. Cependant, il existe de grandes disparités territoriales. On trouve aussi des CUMA dans des domaines novateurs. Toutes gardent, néanmoins, le même rôle, au fond : celui de ré-assurer l’agriculteur par un biais économique, bien sûr, mais aussi et surtout humain.

Quelle est l’évolution que vous percevez au sein des CUMA ?
Les CUMA s’adaptent avant tout au profil de leurs adhérents. Aujourd’hui, le contexte économique et la demande sociétale ont changé. On n’est plus dans le seul but de produire plus et régulièrement. Il faut aussi tenir compte de la traçabilité, de l’environnement, de la gestion des déchets… Enfin, les marchés sont plus segmentés et les choix peuvent être multiples au sein d’une CUMA. Cela se traduit dans l’organisation des chantiers et dans l’élargissement de leurs champs d’action. On voit, par exemple, des exploitations qui vont jusqu’à l’assolement en commun. Ou encore des exploitants qui se spécialisent sur les différents chantiers : un qui ne travaille que les récoltes, l’autre la gestion des produits phyto. La grande tendance concerne aussi l’emploi. Maintenant, les CUMA peuvent également être des groupements d’employeurs.

Du coup, quelle est l’orientation à prendre ?
De plus en plus, le renouvellement en agriculture voit arriver des agriculteurs non issus du monde agricole. Ils ont un regard différent. Et une plus grande capacité à déléguer. L’intérêt du collectif est certain : il fait baisser les coûts, augmenter l’accès à la technique et minorer la prise de risque individuelle. Le groupe, c’est aussi un soutien intellectuel. Cela permet de voir les choses autrement, de renforcer sa réflexion et de se réassurer face à un marché moins sûr qu’avant. La FNCUMA a pour objectif d’accompagner davantage ses adhérents, les fédérations de proximité, dans ce sens. On s’oriente vers un accompagnement des projets du groupe sur le moyen terme plutôt que sur une seule posture d’expert technique. Pour simplifier, on se dirige vers une espèce d’audit, comme dans les entreprises. Un conseil qui doit être adapté «sur mesure» à chaque groupe pour que les exploitants se posent les bonnes questions et trouvent les expertises nécessaires à la réussite de leur projet dans la durée.

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50 000
La Turquie importe, notamment de la viande bovine (80 % sous forme de bovins maigres et 20 % en bovins finis) pour combler ses besoins sur le marché intérieur. Le pays se place ainsi au 2ème rang mondial des importateurs de bovins, juste derrière l’Union européenne (dans son ensemble). Mais la récente dévaluation de la livre turque fait ralentir ces importations. La France fournissait jusqu’ici 50 000 bovins par an, dont 20 900 broutards (partiellement issus de Poitou-Charentes).

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