L'Agriculteur Charentais 12 décembre 2013 à 08h00 | Par Bernard AUMAILLEY

Conférence agricole - L'élevage a-t-il un avenir en Charente Maritime ? Oui, répondent-ils en choeur

Ils étaient tous là, au chevet de la filière élevage. Bilans, états de lieux, forces, atouts et faiblesses… Une conviction commune à la recherche d’une dynamique perdue.

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La video de l'intervention d'Alain Lebret (© Bernard Aumailley/Agriculteur Charentais)

Comment va la ferme Charente-Maritime ? Le but de la conférence agricole, annuelle, qu’organise autour de lui, le Conseil général procède de cette question. Histoire de voir, de prendre le pouls, de caser en passant les aides, diverses, qu’il verse à ce secteur économique. Ce que Michel Doublet, président de la Commission agricole, ne s’est pas privé de rappeler. Alors certes, les bonnes récoltes 2012 ont été refroidies par les résultats moyens de 2013. Certes, le boom du marché du cognac masque que les autres débouchés sont à la peine. La focale était réglée sur l’élevage durant une longue matinée d’exposés, sans véritable débat. Tout au plus une table-ronde virtuelle effleurant les problématiques. On rechignait là à imaginer des solutions, autres que nationales ou européennes ; on ressassait des vieux dilemmes sur la charge des éleveurs. Luc Servant, président de la Chambre d’agriculture, a rappelé les «contraintes» inhérentes au métier, le besoin de formation déjà dispensé par la Chambre, la nécessité de «dégager» un revenu, les impacts et les craintes de la PAC à venir pour les éleveurs et pour les céréaliers. La ferme Charente-Maritime pourrait souffrir des orientations actuelles. Mais ce n’est rien contre la chape de plomb réglementaire qui pèse sur les exploitations : directive nitrates, maintes fois décriée dans la matinée, mises aux normes, future loi d’avenir sclérosante… En résumé, de tous les intervenants, des passionnés d’élevage, qui devaient passer le message que tout aller pour le mieux dans le meilleur des mondes laitier, qu’il y avait des atouts, des forces et quelques faiblesses, ciblées par Gérard You agro-économiste de l’Institut de l’élevage, que l’on n’avait pas à rougir des résultats face aux éleveurs du Grand Ouest, qu’adossée à Bongrain, Terra Lacta n’était pas qu’une coopérative de collecte, mais bien plus que cela. On évitait soigneusement de parler choix stratégiques du passé, mauvais prix des années durant laminant la filière, mauvaise réputation («fais autre chose mon fils»). Normal, la thématique était l’avenir. Le temps des verbes devait être le futur.


lire la suite de la conférence agricole dans notre édition du 13 décembre


écoutez l'intervention de Gérard You, insitut de l'élevage en cliquant sur la barre son à côté de la photo ou regardez l'intervention d'Alain Lebret, président de Terra Lacta

Alain Lebret Président de Terra Lacta
Alain Lebret Président de Terra Lacta - © Bernard Aumailley/AC

Vu de la coop


Miser sur une production stable maintenant sécurisée

 


Alain Lebret avait la rude tâche d’expliquer que l’option choisie, celle d’un adossement à Bongrain, ouvrait des perspectives aux éleveurs laitiers du département. «Nous avons longtemps fait des produits low-cost, mais il faut pour cela des coûts de production faibles… la collecte laitière est 4 fois plus chère chez nous. Difficile dans ces conditions d’être compétitifs.» L’inquiétude avant, pendant et après la réorganisation de Terra Lacta a plombé le discours d’une dynamique régionale laitière. «Nous voulons aller vers des produits plus valorisés moins dépendants du marché français pour aller sur l’international.» Bongrain permettait ce «bond rapide.» Alain Lebret bat en brèche l’idée que le périmètre de Terra Lacta serait réduit à la simple collecte. La filialisation de toutes les activités le prouve. «Nous sommes allés chercher le bon partenaire par métier.» Son cercle vertueux de Terra Lacta, un peu biaisé car non proportionné aux volumes, fait des filiales des «angles d’attaque.» Il a annoncé d’importants investissements sur l’usine de Surgères pour augmenter la capacité en beurre et en caséine pour le marché chinois notamment. Les Fromageries Lescure, spécialisées dans les fromages de chèvre, regroupent toutes les usines régionales et intègrent l’usine espagnole. «Notre avenir ne pouvait pas dépendre uniquement d’un contrat de vente de lait, il fallait que nous soyons investis dans l’aval. Terra Lacta a plus de 80 M€ d’investissements dans ces débouchés.» Le président de Terra Lacta a précisé le «cheminement» : l’ensemble du lait est vendu à la CLE qui en revend à chaque filiale «à prix coûtant» : «cela nous garantit un prix du lait à 25 ans. C’est le prix interprofessionnel. C’est extrêmement important. Nous mettons à l’abri l’éleveur de difficultés conjoncturelles.» Un milliard de litres de lait collectés dans une vaste zone. 750 Ml de lait produits dans la région sur un quota possible de 830 Ml. «Nous ne sommes pas dans une région où l’on peut augmenter de 20 % la production, mais nous avons la nécessité de rester au niveau de 750 Ml. Plus de lait, plus d’usine. 100 M€ d’investissements dans les 3 ans qui viennent, sur cette base de volume.» L’incitation au producteur à produire plus de matières grasses participe à cet élan. «La puissance de Bongrain est là pour nous y aider.» Alain Lebret est revenu sur la non-différentiation du prix payé. Les litrages supplémentaires qui seront alloués le seront au prix CNIEL. C’est un élément de lisibilité que demandait Maxime Baril. B. Aumailley


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