L'Agriculteur Charentais 29 avril 2013 à 08h00 | Par Réussir

Conjoncture mondiale - La sécheresse néo-zélandaise fait flamber les prix du lait

La Nouvelle-Zélande subit une sécheresse historique depuis le début de l’année. La production du premier exportateur laitier mondial est directement touchée.

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Une situation qui devrait permettre aux éleveurs laitiers français de retrouver un prix du lait plus rémunérateur dans les semaines à venir. En hausse depuis le début de l’année, les prix des produits industriels laitiers ont connu un bond spectaculaire de près de 15% le 19 mars, lors des enchères sur le Global Dairy Trade (plate-forme d’enchère internationale). Le 5 mars dernier, les cours mondiaux avaient déjà flambé de plus de 10%. La cotation du beurre a ainsi dépassé les 4 500 $ la tonne, en progression de 11,5%, tandis que la poudre maigre atteignait les 4 050$ (+7,7%). Il y a un an, les prix du beurre plafonnaient sous les 2 500 $ la tonne. Cette remontée spectaculaire est directement liée aux conditions climatiques qui limitent la production du premier exportateur mondial : la Nouvelle- Zélande. «L’ensemble de l’Ile du Nord a été officiellement déclaré en état de sécheresse», explique Benoit Rouyer, économiste au Cniel (interprofession laitière). Selon les météorologues néo-zélandais, cette sécheresse est la plus forte depuis plus de 30 ans. Les pâturages sont directement touchés et les éleveurs réagissent en conséquence : les envois de vaches laitières à l’abattoir ont progressé de 83% depuis janvier dans l’Ile du Nord. Or, la Nouvelle-Zélande était jusqu’à maintenant le seul grand bassin laitier mondial à maintenir une production soutenue. «La production est en baisse dans l’Union européenne, en Argentine, en Australie, et stagne aux Etats-Unis. Seule la Nouvelle-Zélande tenait la baraque», confirme Benoît Rouyer. Les observateurs s’attendent donc à de nouvelles envolées des cours des produits industriels dans les semaines à venir. «Certains commencent à parler d’une flambée similaire à 2007», évoque d’ailleurs Benoît Rouyer. Cette année-là, les prix du lait avaient atteint des sommets, avant de s’effondrer dramatiquement en 2009.

Selon les météorologues néo-zélandais, cette sécheresse est la plus forte depuis plus de 30 ans.
Selon les météorologues néo-zélandais, cette sécheresse est la plus forte depuis plus de 30 ans. - © Réussir

Les éleveurs français doivent en profiter

Et cette tendance devrait encore perdurer pendant plusieurs mois. «Les stocks fourragers ne sont pas de bonne qualité et le prix des tourteaux est trop élevé pour compléter l’alimentation animale comme il le faudrait», rappelle Benoît Rouyer. Des limites qui pourraient être vite dépassées si la pousse d’herbe se révèle suffisamment bonne au printemps, mais la surproduction ne fait plus peur aux observateurs. «Les stocks sont bas et les éleveurs en polyculture-élevage quittent la production laitière», indique Benoit Rouyer. «Le scénario de surproduction est de moins en moins crédible, analyse- t-il, il ne faut surtout pas que les éleveurs français freinent leur velléité de production, il y a de la place». La situation est néanmoins encore difficile pour les éleveurs. Ces derniers devront encore attendre plusieurs semaines avant de ressentir les effets de la flambée des cours des produits industriels laitiers. «À cause de l’inertie des indicateurs du Cniel ils devront encore passer le cap du printemps avec des prix en berne», regrette Benoît Rouyer. «Les producteurs devraient négocier des avances avec leur laiterie pour soulager leur trésorerie », conseille-t-il. Avec la remontée durable des cours mondiaux, le prix payé aux producteurs pourrait atteindre les 330€/ 1 000 litres en moyenne sur l’année 2013.

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