L'Agriculteur Charentais 01 février 2013 à 19h54 | Par Beranrd AUMAILLEY

Coop de Ré - Le Gouverneur a soif d’évasion

Les ventes de vins de pays et de table connaissent un bel essor, contrôlé par la gouvernance de ses dirigeants.

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L'agriculture insulaire est toujours confrontée aux difficultés d'installation des jeunes
L'agriculture insulaire est toujours confrontée aux difficultés d'installation des jeunes - © A-C
Le particularisme insulaire rétais est tel que même si les succès de la coopérative se répètent, les dirigeants de la coopérative mettent tant de coeur à démontrer que c’est dans leur ordre des choses que tout devient quasi évident. Evident que le rosé soit très prisé des consommateurs, que les stocks d’eaux-de-vie aient disparu dès le compte 5, que le rythme des investissements soit calculé. Une prudence qui a fait le savoir-faire rétais, où les débats sont comme à huis clos, dans l’exiguïté de l’île, ardents, passionnés, visionnaires. Jean-Jacques Enet ne dénote pas dans cette distribution des rôles. Le président de la coopérative, viti-vinicole et maraîchère, conserve un humour parfois corrosif. «Qu’ils soient rouges, blancs, ou rosés, les vins de Pays Charentais sont encore moins connus que le Pineau mais correspondent à un marché local occupé par des producteurs fidèles à ce produit.» Une production locale, écoulée presque localement… Alors les grands mirages du marché chinois (voir page 3), Jean-Jacques Enet les refroidit, comme hors de portée ; Michel Pelletier, l’ancien président, crie gare aux sirènes et surtout pas question de planter à tout va. Il est des marchés où il ne faut pas mettre les pieds de risque d’y perdre son âme. Exemple : le produit ILS, conçu par les deux coopératives insulaires qui n’a pas trouvé en trois ans de preneurs suffisamment rémunérateurs. Les coopératives arrêtent la commercialisation. Cela n’enlève en rien à la qualité du produit, mais établit un vrai pouvoir aux producteurs. Surtout que le saut qualitatif des produits de la coopérative rétaise est là. La gamme est large, en goût : des Soif d’Evasion Merlot, Sauvignon, Chardonnay ou rosé en passant par le Petit Sergent blanc sec ou le Rosé des Dunes, l’Ultinium rouge et les Ilhréa pineaux. Les ventes le démontrent. «Les ventes de vins de table sont stables » assure Jean-Jacques Enet avec une forte dominante des bag-in-box, nouvelle forme très markétée de vente. «Les ventes de vins de pays progressent de 2.27 %. Là aussi en bag-in-box de 3 litres. Leur nombre a doublé en un an. Et le rosé fait la moitié du volume.»
Des vins de consommation estivale
La coopérative a produit presque 4 000 hl de pineau pour ajouter aux 11 000 existants. Le cognac n’est plus la principale vente de la coopérative. Les ventes en bouteilles représentent aujourd’hui 36 551 hl A.P. Des ventes qui sont principalement assurées par le cellier de Bois Plage qui reçoit pas moins de 100 000 visiteurs l’an. «Ils consomment un peu et achètent beaucoup !» Alors ce que l’on perçoit lors de l’assemblée générale, c’est les «tendances» : le Trousse Chemise rosé, millésime 2010 a débuté sa vente. On va rénover la salle des pressoirs. Un lourd travail dès les vendanges 2013 terminées et on se félicite que les nouveaux brûleurs conduisent à faire des économies. Mais dans les débats de l’assemblée générale, c’est toujours les satanés lapins qui raflent la vedette, comme celle de l’installation des jeunes ou la réfection des digues. Des sujets sur lesquels Léon Gendre et Loïc Quillet sont intarissables, discutant «fermement entre Rétais.»
Aujourd’hui, le chiffre d’affaires «vignerons» de la coopérative s’élève à 9.6 M€ en légère diminution par rapport à la précédente campagne. Mais cette section affiche un résultat d’exploitation de 1,2 M€ (très en retrait d’une année sur l’autre) qui se finalise quand même avec un excédent appréciable.

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3 656 élèves
Les 30 maisons familiales et rurales du Poitou-Charentes ont accueilli en 2015 pas moins de 3656 élèves en formation initiale scolaire du ministère de l’Agriculture (soit 47,5 % des effectifs de l’enseignement agricole de la région). Un effectif qui est en légère diminution: 55 élèves de moins. Une chute qui se matérialise pour au moins 4 associations par une perte de plusieurs dizaines d’élèves. Le contexte économique des territoires concernés peut être une des causes. En revanche , les chiffres concernant la formation continue progressent, avec 2532 stagiaires formés en 2015 sur 27 MFR.

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