L'Agriculteur Charentais 06 février 2014 à 08h00 | Par Bernard Aumailley

Crédit agricole - Miser sur la proximité du réseau pour mieux accompagner l’économie

Toujours sur le haut du podium, il encaisse le ralentissement de l’économie, mais fait le forcing du financement du redémarrage.

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D’abord les chiffres. Ensuite les commentaires. Les chiffres de trois métiers : la banque, l’assurance, l’immobilier. «Le tout sur fond de ralentissement de l’activité économique.» La caisse régionale de Crédit agricole est toujours la première banque, en parts de marchés, tant des Deux-Sèvres que de la Charente-Maritime. 1,6 milliards de crédits financés. Quatre projets immobiliers sur 10 sont étiquetés Crédit agricole. «La demande en matière de crédits est à la hausse, +11,2 %» souligne Jean Guillaume Ménès, le directeur général du CACMDS. «C’est un redémarrage.» Dans le détail, les prêts à l’habitat connaissent une hausse de 18,5 %, ceux à la consommation de 6,4 %, ceux aux entreprises 10,1 % et ceux aux collectivités locales de 48 %. 655 M€ des crédits et 131 M€ d’accords de prêts à ces dernières. L’année électorale pourrait freiner cet élan. Boosté par les bons résultats de 2012 et 2013, l’activité agricole a été soutenue : 270 M€ (+18,3 %). Reflet de l’atonie générale, une moindre demande des entreprises. «Cela pourrait durer en 2014» se hasarde Jean-Guillaume Ménès. «Nos clients particuliers utilisent aussi leur épargne pour financer leurs projets.» Même si les chiffres de collecte progressent en 2013 de 1,9 % «tirée par le livret A et l’assurance-vie.» 13,7 milliards d’encours.

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La banque toujours verte

Si 2013 a été marquée, dans certains secteurs, par des intempéries pénalisantes, l’activité générale agricole reprend des couleurs. Les encours de crédits s’élèvent à 1 118 M€ (+6,9 %) et les réalisations de prêts à 270 M€ (+18,3 %). Même si les récoltes furent tardives et de moindre qualité. Même si les six premiers mois de l’année furent difficiles pour l’élevage dans les coûts de l’énergie ou l’alimentation. C’était mieux les 6 derniers mois. «Ces indicateurs plutôt favorables n’enlèvent pas les stigmates d’une crise profonde qui fragile encore nos exploitations laitières» analyse Alain Minault, le président de CACMDS. Le président loue le désir d’entreprendre de ce secteur en réinvestissant. «Ils ont consolidé leur trésorerie et leur situation.» Y compris en élevage. «Quant à la viticulture, les chiffres sont bons, même avec quelques baisses annoncées. Beaucoup de productions agricoles aimeraient souffrir comme le cognac ! Nous avons eu raison d’accompagner ce secteur lorsqu’il était en crise» ajoute-t-il. «Il ne doit pas oublier les autres débouchés autre que le cognac» glisse Jean-Guillaume Ménès. «Notre inquiétude est plus sur le risque à venir à ces niveaux de prix et à ces volumes commercialisés» ajoute Alain Minault. Quelques millions sont provisionnés pour anticiper les crises viticoles à venir. «Nous accompagnerons tous les projets raisonnables de croissance. Des prêts avec des remboursements à 3 ans, nous savons faire. Nous sommes armés pour le faire car nous avons des résultats solides.»Dans un horizon changeant, nouvelle Pac, arrêt des quotas, variation des cours mondiaux, la banque souhaite apporter son «expertise» et reste le leader sur ce marché. Comme elle l’a fait sur la reprise de Terra Lacta. Pour Alain Minault, le «boulet est passé près», mais l’alliance avec Bongrain est de bon augure dans une expansion de la filière, «avec des problèmes d’investissements conséquents», en manque de lait. «Cependant nous ne serons pas les seuls banquiers de Bongrain» conclut-il.

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Le chiffre de la semaine
444 M€
444 millions d’euros qui avaient été prélevés sur les paiements directs de la PAC, en prévision de la réserve de crise pour 2018, vont être remboursés aux agriculteurs européens, a annoncé la Commission européenne fin novembre.

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