L'Agriculteur Charentais 06 juin 2013 à 14h37 | Par Alexandre MERLINGEAS

Débat UGVC - Quels contrats pour répondre aux besoins de la filière cognac ?

Va-t-on vers une politique de contrat ? Lors de son assemblée générale, l’UGVC a ouvert une large réflexion qui cristallise certaines divergences.

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Christophe Forget, Bernard Laurichesse, Marc Veillon, Patrice Beguin et Stéphane Roy.
Christophe Forget, Bernard Laurichesse, Marc Veillon, Patrice Beguin et Stéphane Roy. - © V.C

Une fois de plus, l’UGVC, l’Union générale des viticulteurs pour l’AOC cognac, a joué à «guichets fermés» lors de son assemblée générale qui s’est déroulée le 28 mai à la salle de la Salamandre à Cognac. Il faut dire que le thème de la soirée «D’une politique d’engagement à une politique de contrat ?» était alléchant. Et le débat  par l’Agriculteur Charentais, n’a pas manqué d’être instructif même s’il n’a abouti à rien de concret.L’exemple champenois du contrat interprofessionnel n’a semble-t-il pas conquis la plupart des protagonistes de ce débat à cause de sa rigidité, même si certains s’accordaient à dire que des points particuliers pourraient constituer des sources d’inspiration. Le contexte du cognac est bien différent de celui du champagne, que ce soit par le type du produit ou la grande diversité des contrats dans leur durée ou leur forme. «Il existe toujours des habitudes de vente dans le Cognaçais qui ne sont pas des contrats, a expliqué Patrick Béguin, le président du Syndicat des courtiers. Mais, elles sont très minoritaires. le contrat est une sécurité. Aujourd’hui, la contractualisation est forte car vu les investissements nécessaires les banquiers demandent des garanties».

Entre unification et souplesse
Stéphane Roy, le secrétaire général de l’UGVC, a souligné toutes les limites de la contractualisation à Cognac avec la fixation du rendement cognac. «La viticulture est tranquille sauf si le rendement passe en-dessous de 9 hl AP/ha comme ce fut le cas en 2009. Cela biaise un peu le jeu des contrats par le blocage du volume de distillation. Il faut réfléchir à cette problématique et peut-être avoir le niveau de volume contractualisé en tête au moment du calcul des besoins». En clair, il faudrait un outil de calcul capable de lisser le rendement à long terme pour atténuer les effets des crises à court terme. Le rendement plancher adopté par l’interprofession est un principe nouveau qui déterminera dès 2014 un rendement en deçà duquel il ne sera pas possible de descendre. Dans la région cognac, la difficulté se situe au niveau de la possibilité d’un minimum d’unification des contrats. Christophe Forget, le président de l’UGVC, a reconnu «une véritable volonté d’aller vers la contractualisation dans la viticulture. Ne serait-ce que pour investir et renouveler le vignoble. Mais, il faut un contrat réactif pour le négociant si la situation est moins bonne. Un contrat trop figé peut être préjudiciable aux deux parties». Avançant sur la pointe des pieds, il a plaidé pour un contrat «plus ou moins cadre» avec certaines mentions comme le prix ou la date de retiraison. Comment convaincre le négoce et lui faire admettre des règles du jeu plus strictes ? Pour Bernard Laurichesse, représentant l’association des coopératives et des Sica, «les contrats triennaux ou pluriannuels fonctionnent bien dans le cadre de négociations». Et Marc Veillon, président du syndicat des bouilleurs de cru, d’ajouter «qu’un contrat interprofessionnel comme en champagne ne permettra pas la souplesse nécessaire». Le débat est ouvert !Le rendement cognac a été fixé à 11,71 hl AP/ha en 2013 et 1,5 hl pour constitution de réserve de gestion. « La production 2013 sera examinée de près, a dit Christophe Forget dans son rapport moral. C’est le défi que nous devons maintenant relever ensemble. Nous sommes attendus au coin du bois dans un contexte ou se posera la question des plantations nouvelles».

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