L'Agriculteur Charentais 29 août 2013 à 10h44 | Par Thierry Michel

DÉMOGRAPHIE - Entre 8,3 et 16,6 milliards d’êtres humains d’ici à 2100

De nouvelles estimations, nettement à la hausse, pour la population viennent d’être rendues publiques. Les modèles utilisés sont remis en cause.

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- © INFOGRAPHIE REUSSIR

C’est un document de l’ONU qui est passé un peu inaperçu il y a pratiquement deux mois : Perspectives de la population mondiale, la révision 2012. Effectivement, intitulé ainsi, il ne risquait pas d’attirer l’attention. Sauf qu’en en prenant connaissance dans le détail, il indique une profonde évolution possible du nombre d’individus sur la planète Terre au moment de changer de siècle. Car les dernières parutions de l’Organisation des Nations-unies, si elles constataient une augmentation de la population pour les décennies à venir, avaient largement pronostiqué une «stabilisation» de la population mondiale par rapport à son niveau actuel. Sauf que… pas du tout : la révision de 2012 en question ne fait état d’aucune stabilisation avant la fin du xxie siècle. Résultat, une hypothèse moyenne donne un chiffre de 10,9 milliards d’habitants en 2100. Mais avec deux autres hypothèses qui peuvent modifier passablement la donne : une hypothèse basse fait état de 8,3 milliards d’êtres humains mais surtout, une hypothèse hausse envisage le chiffre de 16,6 milliards en 2100. Dans le compte-rendu de l’ONU, on peut notamment lire que «par rapport aux prévisions précédentes, la projection concernant la population globale est plus haute, en particulier après 2075».

Fécondité et espérance de vie
Selon les experts de l’organisme international, trois raisons expliquent cette révision. D’abord, la nouvelle publication intègre des données sur la fécondité dont l’ONU ne disposait pas auparavant. Ensuite, les tendances long terme de la fécondité des pays très peuplés ont également sensiblement évolué. Enfin, l’espérance de vie à la naissance dans de nombreux pays a également augmenté. Les trois facteurs combinés aboutissent à cette révision importante. De plus, l’ONU admet aussi que des changements dans la méthodologie de calcul des probabilités ont également été intégrés à cette nouvelle publication.Concrètement, l’immense majorité de l’augmentation de la population d’ici à 2100 s’effectuera dans les pays en développement. Leur population devrait passer de 5,9 milliards en 2013 à 9,6 milliards en 2100. La population des pays les moins avancés devrait tripler sur cette même période, passant de 898 millions à 2,9 milliards. La part des habitants des pays développés devrait passer de 1,25 à 1,28 milliard. La simple lecture de ces chiffres démontre sans contestation possible que les dynamiques en œuvre dans les trois types de pays ne sont pas du tout les mêmes. Le rapport précise même que la toute petite augmentation de population dans les pays développés sera due pour l’essentiel aux phénomènes migratoires.Si l’on analyse les évolutions au niveau des pays, sans surprise, la majeure partie de l’augmentation de la population globale concernera l’Afrique : un pays comme le Nigeria pourrait compter 914 millions d’habitants en 2100, l’Éthiopie 243 millions ou encore la Tanzanie 276 millions. Des pays comme l’Inde, le Pakistan, l’Indonésie, le Bangladesh et les Philippines sont également à ranger dans cette catégorie. Seule exception notoire, les Etats-Unis : sa population devrait atteindre 462 millions d’habitants, en augmentation de 142 millions entre 2013 et 2100.

Statistiques
En fait, l’un des problèmes concernant ces estimations provient d’un changement de conception par rapport à ce que l’on demande aux statistiques. Il y a encore assez peu de temps, les projections de populations se faisaient à un horizon de 25-30 ans. Aujourd’hui, les commanditaires de ces études raisonnent sur des périodes beaucoup plus longues, à l’échelle d’un siècle pratiquement. Et certaines variables, peu susceptibles de modifier en profondeur le résultat sur vingt ans, prennent une importance plus grande sur des échelles plus longues.Ces changements assez importants ne sont pas sans poser des problèmes concrets. On a encore en mémoire les déclarations faites lorsqu’il a été dit que la Terre hébergerait 9 milliards de personnes en 2050. En agriculture, par exemple, on a parlé de doublement ou d’augmentation de 70 %, à prévoir en termes de production de denrées alimentaires. Aujourd’hui, le chiffre intermédiaire retenu pour 2050 est de 9,6 milliards de personnes. Les modèles vont donc devoir être revus, qui plus est si la tendance est à l’accélération de la population pendant le dernier quart de ce siècle. Car si 2050, c’est demain, 2075 et 2100 doivent se situer juste après-demain !

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