L'Agriculteur Charentais 07 mai 2015 à 08h00 | Par Bernard Aumailley

Deudeuche, un art de vivre

La légendaire petite voiture a ses afficionados. Quelques mordus qui pensent la vie autrement : plus lente, des mécaniques réparables, un look amusant.

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Ils se font appeler «deuchistes», comme un clan. Mais c’est bien plus, une communauté qui se salue lorsqu’ils se croisent dans «leur parapluie sur quatre roues.» Les mythiques 2CV ne sont plus fabriquées depuis belle lurette, mais il est encore quelques aficionados pour croire à leur vertu de voiture complète : à la fois utile, pratique, modulable avant l’heure, passe-partout. Nombreux sont ceux qui arborent sur le pare-brise arrière le slogan «ceci n’est pas une voiture, mais un art de vivre.» Objet de railleries, mais pourtant la voiture dont tous les enfants dessinent les contours,  est de tous âges : les jeunes en rêvent comme première voiture ou pour frimer dans la désinvolture, les plus actifs gardent intact leurs convictions qu’elle est la «seule» voiture digne du nom, les plus anciens comme une nostalgie du temps où l’électronique ne venait pas démarrer, mais la manivelle, les collectionneurs qui les bichonnent comme les merveilles du monde. Les 2CV viendront se rassembler à La Rochelle-Aytré le week-end prochain. On y attend des milliers de ces voitures étranges conçues dans l’avant-guerre, planquées pendant la guerre, ressorties des usines (1949) sous des multiples «séries limitées» (22) par Citroën. Lors de ce «Nationale 2CV» les customisées y seront, avec leurs excentricités, leur inventivité, leur sens du design deuchiste, les «pures», celle «dans leur jus d’origine» aux pièces authentiques, pas des répliques, des vraies de vraies, des pièces détachées, des vendeurs, des acheteurs. Et le public qui regardera, l’air amusé, que l’on puisse encore préférer cette voiture équipée au minimum aux belles limousines climatisées et sonorisées. L’art de vivre des deuchistes s’assortit d’un flegme qui parfois sort de ses gonds : lorsque des municipalités décident d’éliminer «leur» voiture pour cause de pollution. Une 2CV polluerait-elle plus qu’une Porche Cayenne ? Les 2CV, c’est le «décor» français. Avec elles, la cohorte des 4L, des DS, des Dauphine, des voitures des Trente glorieuses. C’était de la matière grise made 100 % France et des fabrications quasi autant (sauf à la fin où elles furent portugaises).  Et il ne faut pas croire que ces Deudeuches ne «cotent» pas : une 2CV Charleston s’est récemment vendue plus de 14 000 €. Pour une plus classique, une 2CV en bon état, il faut compter entre 5000 et 8000 €. Les 2CV sont recherchées au point d’être l’objet de vols fréquents. Ne pas croire non plus qu’elles sont quelques tortues sur le passage: elles aussi doivent respecter les limites de vitesse qu’elles peuvent dépasser en ville, sur routes et même sur autoroute. Pas seulement «avec le vent à l’arrière» ! Qui n’est jamais monté en 2CV ne connaît rien à la quintessence du déplacement. Foi de pratiquant.Durant trois jours, les 2CV seront célébrées, démontées, enviées, mises en compétition… entre bourses d’échanges amateurs, concours d’élégance, exposition de véhicules, des démonstrations des adaptations des 2CV avec le «conceptcar»,  Il y aura même un «musée» de l’aventure de la 2CV au parc des expositions de la Rochelle. Et même une course de «cache culbuteur», le championnat de France de modèles réduits. Du 13 au 17 mai, cette « nationale » attirera les «mordus» de la petite Citroën, mais aussi bon nombre de curieux qui naturellement se rappelleront de «leur» 2CV, une voiture ou celle d’un proche que l’on ne peut oublier.

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Quinze des 29 projets agricoles déposés par les zadistes de Notre-Dame-des-Landes ont d’ores et déjà été jugés «éligibles» à la signature de conventions d’occupation précaire (COP), a annoncé le 14 mai le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert. Pour les autres projets, «nous avons encore besoin de temps pour continuer à les examiner», soit en raison de dossiers incomplets, soit du fait de conflits d’usage avec d’autres exploitations agricoles, a ajouté le ministre.

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