L'Agriculteur Charentais 14 novembre 2013 à 08h00 | Par AC

Dominique Barrau - Des réformes oui, des taxes non !

Secrétaire général de la FNSEA

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A Troyes, lors de notre Congrès, Xavier Beulin avait enfilé une marinière pour accueillir le Ministre Le Foll. Le symbole n’était pas qu’un «coup de communication», c’était le reflet des débats de nos trois jours de travaux. Trois jours pendant lesquels nous avons pointé, ensemble, le sentiment d’abandon par l’Etat de la France de production. Recul sur la TVA sociale, empilement des contraintes, zèle environnemental, inertie à redonner aux producteurs la capacité à négocier leurs prix… c’est toute la France productive qui est asphyxiée !  Quelle déception de n’entendre le Ministre parler que de grandes idées… mais bien peu de concret ! Dans la foulée, nous avons poursuivi notre mobilisation, nous avons continué de porter nos messages, le 12 avril en régions, lors de tables rondes nationales et autres rendez-vous …Toujours inquiets du peu de retour sur nos demandes, nous nous sommes largement mobilisés, le 23 juin à Paris, pour faire de l’agriculture une cause nationale. La mobilisation fut une vraie réussite, tant le soutien populaire que celui des médias a été total ! Passe l’été et le début d’automne, le Premier ministre à Rennes, le Président de la République à Cournon nous tiennent des discours positifs. «Oui à l’agriculture de production, oui à la compétitivité du secteur agricole et agroalimentaire…» : C’est en substance ce que nous disent les plus hautes autorités de l’Etat, et nous leur en savons gré…Mais, à chaque fois, nous ne pouvons que déplorer le décalage entre messages et actes ! Bien sûr, il y a l’écotaxe. Dès le Grenelle de l’environnement, nous nous sommes opposés à son application sur nos activités : quel intérêt d’alourdir encore les conditions de production dans nos zones rurales ? On nous écoute, on nous comprend, certains aménagements sont proposés, mais la taxation reste … Tout ce que nous demandons, c’est de profiter de la période ouverte de réflexion pour obtenir enfin l’exonération pour nos activités. Mais il faut aussi y adjoindre la simplification, en particulier les installations classées en porc, annoncée mais qui ne vient pas ; par contre, de nouvelles idées de contraintes naissent chaque matin dans les services de l’Etat, à l’exemple du dossier de l’eau … Qui gère donc ce pays ? Est-ce que ce sont les partisans de la décroissance qui pèsent semble-t-il 2 % de la population ? Nous avons une ambition et nous nous y tenons : - pour une agriculture de production, plurielle et diverse, répartie sur tout le territoire. - pour une agriculture qui participe à l’emploi dans ce pays, qui assure son indépendance alimentaire. En 2012, pour la première fois, notre secteur agricole et agroalimentaire dans son ensemble a perdu des emplois : la crise est là ! - pour une agriculture composée d’entreprises à responsabilité personnelle, actrices du développement économique et social de leurs territoires.Mais aussi pour une agriculture qui puisse participer aux grands équilibres alimentaires mondiaux à l’aube d’une explosion des besoins qui ne pourront être satisfaits pleinement par les agriculteurs locaux ! Alors sachons réaffirmer encore et encore que :Les agriculteurs français ont besoin qu’on leur redonne du pouvoir de négociation de leurs prix vis-à-vis d’acteurs d’aval hyper-concentrés et tout-puissants aujourd’hui.Les agriculteurs français exigent que la transparence sur l’origine des produits soit assurée pour que les consommateurs puissent choisir en connaissance des produits de haute garantie sanitaire, environnementale et sociale. Les agriculteurs et leurs filières ont urgemment besoin que cesse la surenchère réglementaire et environnementale qui grève les coûts de production. Les agriculteurs et leurs filières demandent d’être libérés et accompagnés dans leurs projets d’innovation et d’investissement.Enfin, les agriculteurs et leurs filières ont besoin que le coût du travail soit abaissé. Attention, il ne s’agit pas de baisser les salaires, mais bien de modifier le mode de financement de la protection sociale qui, aujourd’hui concentré sur le travail, pénalise nos productions nationales au détriment de produits étrangers. Oui l’agriculture et ses filières peuvent avoir un avenir dans ce pays ! Oui elles peuvent contribuer à la richesse, à l’emploi, à l’aménagement des territoires ! Nous avons le potentiel agronomique, nous avons des femmes et des hommes formés et courageux, nous avons les savoir-faire techniques… Nous n’avons qu’une chose en trop : ces carcans administratifs, ces boulets de prélèvements obligatoires, ces tracasseries qui étouffent la France de production !

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La Turquie importe, notamment de la viande bovine (80 % sous forme de bovins maigres et 20 % en bovins finis) pour combler ses besoins sur le marché intérieur. Le pays se place ainsi au 2ème rang mondial des importateurs de bovins, juste derrière l’Union européenne (dans son ensemble). Mais la récente dévaluation de la livre turque fait ralentir ces importations. La France fournissait jusqu’ici 50 000 bovins par an, dont 20 900 broutards (partiellement issus de Poitou-Charentes).

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