L'Agriculteur Charentais 25 juillet 2013 à 10h33 | Par Thierry Michel

Économie - Même l’emploi de proximité souffre

Une récente enquête fait le tour du secteur de l’emploi de proximité. La crise est passée par là, aussi

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Dans le secteur des commerces de proximité, de nombreux emplois sont à pourvoir, mais ne trouvent pas preneurs. Parmi eux : la boucherie, mais aussi le commerce alimentaire, la boulangerie et la restauration
Dans le secteur des commerces de proximité, de nombreux emplois sont à pourvoir, mais ne trouvent pas preneurs. Parmi eux : la boucherie, mais aussi le commerce alimentaire, la boulangerie et la restauration - © Patrick Cronenberger

Au premier semestre 2013, 19 % des entreprises de proximité (au total : 300 métiers, 1 200 000 entreprises, 3 millions de salariés et 4 millions d’actifs, 400 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an en France) ont procédé à une ou des embauches. Ceci reste un bon chiffre mais force est de constater qu’il est inférieur à celui du premier semestre de l’année précédente : 22 %. Ceci montre bien que la crise économique et sa «conjoncture morose pèse sur le niveau des embauches des entreprises de proximité», souligne l’Union professionnelle artisanale (UPA), commanditaire de cette étude. En revanche, preuve en partie de la pérennité du secteur, le nombre d’embauche moyen n’a pas changé. Il ressort toujours à 1,6 par entreprise pour cette période.

Coup de frein

Si l’on jette un coup d’œil aux différents secteurs d’embauche de la proximité, on trouve aussi beaucoup de différences. Les services ont accru leur rythme d’embauche, passant d’un taux d’entrepreneurs embauchant de 11 % à 15 % et la fabrication est aussi en légère progression : de 13 % à 14 %. Les hôtels-cafés-restaurants conservent une bonne dynamique avec 29 % des entreprises du secteur ayant embauché au premier semestre 2013. C’est supérieur à la moyenne nationale donc mais en léger déclin par rapport aux six premiers mois de 2012 (32 %). Les travaux publics se maintiennent avec 18 % d’entreprises ayant créé des emplois pendant la période. C’est plus dur pour les autres secteurs : le bâtiment passe de 19 % à 17 % entre les deux semestres étudiés mais surtout l’alimentation chute de 5 % à 15 %.On s’aperçoit que la crise est encore et toujours bien là en détaillant les chiffres en matière d’intentions d’embauches sur le deuxième semestre. Cela «s’annonce encore moins favorable. Ainsi, seules 11 % des entreprises de proximité envisagent de recruter des salariés. Les artisans du bâtiment se montrent particulièrement pessimistes avec seulement 4 % de prévisions d’embauches. En revanche, les entreprises artisanales des services et de la fabrication sont un peu plus nombreuses que l’an dernier à envisager de recruter», analyse l’UPA.Autre manifestation concrète de la crise, la nature des contrats d’embauche : «Alors que le CDI a longtemps été le contrat majoritairement utilisé par les entreprises de proximité, plus de la moitié des salariés recrutés au cours du premier semestre 2013 l’ont été en CDD. Les emplois en CDI perdent du terrain avec un peu plus d’un tiers des contrats signés. Ils restent majoritaires pour les artisans des services et de la fabrication. Les contrats d’apprentissage reculent également sur la période étudiée où ils concernent désormais 9 % des salariés embauchés», souligne l’UPA. Les intentions d’embauche pour la deuxième moitié de 2013 renforcent la perte de vitesse des CDI face aux CDD.

Difficultés de recrutement

Au-delà du simple examen des niveaux d’embauches actuels et à venir, l’UPA a également étudié les conditions dans lesquelles les entreprises de proximité procèdent à des recrutements. Là aussi, en dépit d’un marché de l’emploi qui globalement se détériore, les entrepreneurs de la proximité enregistrent des difficultés croissantes pour embaucher : 29 % d’entre elles ont rencontré des problèmes au cours des six premiers mois de l’année contre seulement 21 % l’an passé à même époque. Les difficultés sont patentes pour les hôtels-restaurants dont 41 % des membres reconnaissent des difficultés de recrutement. Outre les dizaines de milliers de postes dans le secteur de l’hôtellerie-restauration, on parle toujours, entre autres, de milliers d’emplois à pourvoir en boucherie, en boulangerie ou encore dans les agroéquipements.Dans 65 % des cas, la difficulté à trouver le bon candidat est lié à une question de qualification, une situation qui s’aggrave d’une année sur l’autre. Dans sa communication qui accompagnait le résultat de cette étude, l’UPA appelle donc à une révolution à mener sur «l’orientation et la formation, avec l’impératif de mieux faire correspondre la formation professionnelle initiale des jeunes et celle des demandeurs d’emploi avec les besoins des entreprises». L’organisation professionnelle invite aussi fermement le gouvernement à orienter une partie du dispositif de formation de 30 000 demandeurs d’emploi avant la fin de l’année vers les secteurs de l’artisanat et du commerce de proximité. Plus surprenant encore, dans 33 % des cas, la raison qui empêche une entreprise de proximité de pourvoir un poste est l’absence de candidature.

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