L'Agriculteur Charentais 03 octobre 2013 à 11h33 | Par Sébastien Bessonnet

Elevage chèvres - Mise en place du désaisonnement

le choix du désaisonnement est souvent au centre de la réflexion des éleveurs caprins. Précisions de la Chambre d'agriculture.

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La chèvre est une espèce animale à reproduction saisonnée. Ceci a pour conséquence un déséquilibre de la production laitière entre le printemps et l’hiver.Les volumes collectés par les entreprises laitières sont ainsi 2  à 2,5 fois plus importants en mai qu’en novembre-décembre. Dans le but d’obtenir une collecte plus lisse sur l’année les entreprises incitent les éleveurs à produire du lait d’hiver en annonçant des différentiels de prix de base entre 120 à 160€/1000 l entre le prix le plus bas et le plus élevé.Si aujourd’hui sur le plan technique, on peut arriver à des préconisations adaptées à un système donné, la question de l’intérêt économique de désaisonner ou non son troupeau reste entière même dans ce contexte d’incitation. Des simulations réalisées au sein du réseau d’élevage Caprin Poitou-Charentes, Maine-et-Loire, Vendée fournissent quelques éléments de réponse à adapter toutefois à chaque exploitation.Trois simulations sur le produit lait ont été réalisées sur un même élevage produisant 200 000 L par an avec un tarissement de deux mois :- une en système saisonné-mise bas en janvier ;- une avec désaisonnement total du troupeau-mise bas en septembre. Ce choix est techniquement ambitieux, on trouve en effet sur le terrain plutôt des conduites avec au moins deux lots et deux périodes de mises bas ou la mise en place d’un lot de lactations longues suite à des problèmes de reproduction (chèvres vides) ;- une en mise bas tardive -  mise bas en mars. Avec l’application d’une grille de prix 2013 montrant un différentiel de prix de base d’environ 120 €/1000 l entre le mois le plus bas et le mois le plus haut nous avons observé un écart de 9569 €  (soit 48  €/1000 litres) entre un système saisonné et un système désaisonné.On constate aussi une augmentation du produit lait de 4263 €  (soit 21 €/1000 litres) entre le système saisonné et le système mises bas tardives.Pour aller jusqu’au bout de la réflexion d’un point de vue économique, il ne faut pas oublier de déduire de ce produit les charges liées à la mise en place des techniques choisies.Il est très important aussi de bien prendre en compte les quantités livrées mois par mois sur la grille de prix de la laiterie car même si parfois l’incitation annoncée semble être intéressante, la rentabilité n’est peut-être pas si évidente (par exemple si le prix est très différencié mais sur seulement 2 mois c’est moins intéressant qu’un prix moins incitatif mais sur plusieurs mois).Le plus souvent, la réflexion sur le désaisonnement de son troupeau se limite à la recherche de techniques pour avancer la saison sexuelle des chèvres.Cependant, il ne pas faut oublier :- les aspects techniques tels que l’alimentation (types et quantité de fourrages à prévoir), l’élevage des chevrettes, la gestion des animaux vides et des réformes, la gestion du tarissement, la vente des chevreaux ;- les aspects humains tels que le temps de travail et la qualité de vie (pic de travail), la place de l’atelier par rapport aux autres productions.Si cette stratégie de désaisonnement n’est pas réfléchie avec une approche globale de l’exploitation, elle peut induire des coûts supplémentaires et des manque-à-gagner.Une journée de formation sur ce thème sera proposée cet hiver par la Chambre d’agriculture. Elle permettra à chacun de simuler sur son exploitation l’impact économique et humain et de trouver la solution technique adaptée à chaque système. Sébastien bessonnetChambre d’agriculture
(Article issu des travaux du réseau d’élevage caprin Poitou-Charentes/ Pays-de-la-Loire et de la fiche « Désaisonner son troupeau, intérêt économique, facteurs de réussite et risques de dérives » Réseau d’élevage caprin Rhône-Alpes).

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