L'Agriculteur Charentais 03 octobre 2013 à 11h44 | Par Bernard Aumailley

Eleveurs caprins - Comment voient-ils la désaisonnalisation

James Guionnet commente l'actualité caprine et reste dans l'expectative.

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- © AC 17

Faut pas croire, le discours des éleveurs de chèvres, producteurs de lait, ne varie pas. Que quelques feux s’annoncent au vert, ils n’en sautent pas pour autant de joie et deviennent amnésiques. Ils ne parlent pas de la «sérieuse» crise à l’imparfait. Pas encore. 640 € sur les trois derniers mois concède James Guionnet, porte-parole des éleveurs en Charente-Maritime. « Ce qui faut et faudra regarder c’est la moyenne de l’année… » ajoute-t-il aussitôt. «Nous n’avons jamais demandé la lune, mais dans une période où il n’y a plus de stock de caillé, moins de produit, donc avec un produit devenu rare, on paye plus.» L’appel du pied pour que les éleveurs «désaisonnalisent» le laisse quand dubitatif. James Guionnet estime que cela ne se décrète pas : «tout au plus, gagner un mois par an.» Exigence du ou des transformateurs, qui même avec l’annonce d’un prix plus attractif, doit être «réfléchie» : «cela suppose aussi qu’il n’y a plus de coupure dans l’exploitation… Pas évident, mais jouable.» Il s’interroge quand même sur ces coups de yoyo, entre surproduction et pénurie. «Nous ne devrions pas être la variable d’ajustement surtout lorsque l’on a décidé de n’avoir aucun stock.» Un déstockage qu’il explique par d’autres raisons qu’industrielles. «Le prix de printemps s’est trop dégradé.» Comme St Thomas, il jugera sur pièce les promesses de hausse. Les dernières ayant été «décidées», plutôt contraintes et forcées par le médiateur. «Les grands troupeaux auront peut-être plus de mal à se faire à la désaisonnalisation. Surtout les exploitations spécialisées, moins les polycultures élevages. Quoique le calendrier des travaux agricoles n’est pas favorable à la désaisonnalisation. » Il dénombre des «départs» y compris dans le département. Encore. Il déplore que l’on ne puisse pas installer, faute de moyen, de perspectives. Des prix plus élevés ne font pas de la «visibilité» résume-t-il. «Quelle stratégie de Bongrain? Avec Bongrain ? Avec Terra Lacta ? » Autant de questions sans réponse, fin septembre. Quant à la maîtrise des volumes, dada de l’interprofession, secteur caprin sans quotas, seulement des droits à produire, il garde ses distances : «on peut tout inventer. Mais nous avons perdu 15 Ml de litres chez Terra Lacta ! » Si il se félicite, comme les producteurs en région, de la hausse effective des prix, James Guionnet craint l’arrivée d’opportunistes sur cette production qui mettrait, à terme, à mal la filière. «Le hors-sol n’est plus la solution. Surtout si on regarde le prix de l’alimentation ces derniers mois.» La filière chevreau moribonde ne peut amener de valeur ajoutée. «Nous avons une population vieillissante, sans repreneurs.» La solution passe peut-être par une rétention des produits à la GMS. James Guionnet a du mal à se départir de son militantisme forgé dans les temps de crise.



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Le chiffre de la semaine
444 M€
444 millions d’euros qui avaient été prélevés sur les paiements directs de la PAC, en prévision de la réserve de crise pour 2018, vont être remboursés aux agriculteurs européens, a annoncé la Commission européenne fin novembre.

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