L'Agriculteur Charentais 03 juillet 2014 à 10h49 | Par Myriam Tricoci

Eric Toppan : «La filière bois a besoin de capitaux»

Secrétaire général de «Forinvest Business Angels»

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © M. Tricoci

Pourquoi avoir créé une structure de «business angels» pour la filière bois ?
Les propriétaires forestiers sont le premier maillon de la filière bois. Et ils ont besoin de mieux valoriser la ressource qui fini, le plus souvent, en bois de chauffage et génère peu de valeur ajoutée. Après tout, la France est le premier stock de bois de l’Union Européenne. Elle a donc un grand potentiel de ressource. Le problème, c’est que l’industrie est, depuis plusieurs années, le parent pauvre des politiques publiques. Et que les investisseurs privés vont plus facilement dans le secteur des nouvelles techniques dont les rendements sont bien supérieur.

D’où la création de Forinvest ? Comment cela fonctionne-t-il ?
Oui. L’industrie a besoin de capitaux pour se développer, les banques sont frileuses et il y a peu d’investisseurs pour ce secteur d’activité. Pour inverser la tendance, la fédération des propriétaires forestiers de France a créé un club de «business angels» : Forinvest. Le diminutif de «forestiers investisseurs». Depuis la création du club, il y a 4 ans, il y a, environ, 130 adhérents qui ont investi directement au capital des entreprises sélectionnées. Chaque année, nous recevons une centaine de dossiers. A l’issue d’un processus de sélection rigoureux, nous retenons une dizaine d’entreprises. C’est un comité d’instruction qui compte 14 bénévoles qui fait ce travail. Tous sont propriétaires forestiers et ont une autre compétence par le biais de leur activité (juristes, chefs d’entreprise…). Chaque mois, pendant un semestre, le comité se réuni pour faire le point sur les dossiers choisis qui sont suivi plus particulièrement par 2 instructeurs. A l’issue de ces rendez-vous, les industriels viennent présenter leur projet aux adhérents. Au final, nous aidons 5 entreprises par an pour valoriser le bois français. Les enveloppes d’investissement vont de 100 000 à 500 000 euros.

Est-ce un investissement rentable ?
C’est du capital-risque. Un vrai pari sur l’avenir. Il arrive que des projets échouent. Nous avons aidé 14 entreprises depuis la création du club. Deux d’entre elles n’existent plus. Mais d’autres ont décollé grâce à notre intervention. Et le pari est gagnant. En effet, que des forestiers fassent confiance à une entreprise et lui prêtent de l’argent, cela rend moins frileux les banques et d’autres investisseurs. Cet effet levier est réel, les 4 millions d’euros investis depuis 2010 ont permis un apport de fond 10 fois plus important pour les entreprises sélectionnées. Aujourd’hui, nous voulons aller plus loin et nous recherchons davantage de forestiers investisseurs. Plus il y aura d’investisseurs, plus la filière bois se développera.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. l'Agriculteur Charentais se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Le chiffre de la semaine
50 000
La Turquie importe, notamment de la viande bovine (80 % sous forme de bovins maigres et 20 % en bovins finis) pour combler ses besoins sur le marché intérieur. Le pays se place ainsi au 2ème rang mondial des importateurs de bovins, juste derrière l’Union européenne (dans son ensemble). Mais la récente dévaluation de la livre turque fait ralentir ces importations. La France fournissait jusqu’ici 50 000 bovins par an, dont 20 900 broutards (partiellement issus de Poitou-Charentes).

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui