L'Agriculteur Charentais 09 avril 2015 à 08h00 | Par agra

Filière laitière : Entre désir et crainte voici venu le temps de l’après quotas

Alors que l’on annonce des contrats à terme pour lundi prochain, elle oscille entre optimisme et contraction.Certains mettent en avant le besoin flagrant de structuration.

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- © Stéphane LEITENBERGER

Les quotas laitiers ont été enterrés le 31 mars. Bien que prévue depuis longtemps, cette décision plonge les producteurs de lait français dans la circonspection. Entre le désir de produire plus et la crainte de produire trop, les syndicats se battent pour trouver des solutions.«Surproduction généralisée» et «hyper concurrence à l’échelle mondiale» avec effondrement des prix aux producteurs, tels sont les risques dénoncés par les chambres d’agriculture (APCA) de France, fin mars, avec la fin des quotas. Pour autant, «l’opportunité pour les producteurs français de mieux se positionner sur les marchés est réelle, tant sous l’angle du savoir-faire que sous celui des productions sous signes de qualité», rappelle également l’APCA. Un discours entendu régulièrement sur le terrain. La fin des quotas libère les producteurs dans leur entreprenariat, mais une certaine crainte subsiste au point que Christophe Lafougère, directeur général du cabinet de conseil Gira, s’exclame à l’assemblée générale de Syndifrais, le 2 avril : « La France a peur du lait et risque d’être la variable d’ajustement des autres pays européens» en termes de production. Face aux risques, chaque syndicat a fait entendre sa voix le 31 mars. «L’après-quota sera ce que l’on en fera », revendique, dynamique, la FNPL dans un communiqué. «La question aujourd’hui n’est pas de regretter les quotas qui n’ont d’ailleurs pas protégé les producteurs de lait de la grave crise laitière de 2009.» Elle s’interroge plutôt sur la mise en place «d’une véritable politique laitière» par l’Europe avec des outils de gestion «efficaces, réactifs et réalistes». «La contractualisation n’est pas une politique. Le marché, rien que le marché, non plus. S’affranchir des quotas laitiers n’est pas une fuite en avant si l’Europe joue son rôle», estime-t-elle.

Lire la suite dans notre édition du 10 avril

Alain Lebret
«Nous avions préparé ce changement»

Comment vivez-vous cette fin des quotas ? Je vis cela bien, car cela fait quand même 13 ans que nous sommes prévenus ! Nous avons eu le temps de nous préparer : au niveau de l’entreprise, nous avons réfléchi comment nous gérerions les droits à produire, en s’inspirant fortement de ce que nous avions fait en chèvre. Même si dans cette filière nous avons payé pour apprendre. Nous essayons de tirer les enseignements de cela et avoir quelque chose qui tienne la route. Les producteurs vont recevoir un courrier qui leur précisera comment ils démarrent et comment dans le temps nous gérerons ces droits à produire. 
Certains ont reproché un manque de lisibilité…On ne peut pas dire cela chez nous. Cela fait un an, en réunions et par courriers, nous avons dit comment nous allions procéder. C’est pour nous un non-événement car dans la région nous disposions des volumes de lait dont nous avions besoin. Au-delà des dates et de la règle générale, nous allons préciser pour chaque producteur comment cela se traduit. Mais ce ne sera une découverte pour eux. 

Lire la suite de l'interview dans notre édition du 10 avril

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