L'Agriculteur Charentais 25 juillet 2013 à 11h15 | Par Agra

FRAUDE - 40 propositions pour la filière viande en France et en Europe

Les deux sénatrices, Bernadette Bourzai (Corrèze) et Sylvie Goy-Chavent (Ain) ont présenté, le 18 juillet, des propositions.

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Parmi les propositions, créer un schéma national des abattoirs décliné par région.
Parmi les propositions, créer un schéma national des abattoirs décliné par région. - © JC Gutner

Suite au scandale de la viande de cheval, une mission commune d’information sur la filière viande a été créée au Sénat. Après quatre mois de travaux, 40 propositions en sont ressorties. « Tricher avec les règles est une tentation constante ». Pour la sénatrice de l’Ain, Sylvie Goy-Chavent, même si la sécurité sanitaire de la filière viande est «plutôt rassurante», «l’industrialisation du secteur et la multiplication des intermédiaires diluent les responsabilités». Après le «horsegate», une mission commune sur la filière viande a été créée au Sénat. Il apparaît que les problèmes ne sont pas sanitaires mais relève bel et bien de la fraude pure. «Personne n’est mort d’avoir mangé de la viande de cheval», lance la rapporteure de la mission Sylvie Goy-Chavent. Pour lutter contre la fraude, la mission préconise de renforcer les effectifs de contrôle relevant de la direction générale de l’alimentation (DGAL) et de la répression des fraudes (DGCCRF). Seul problème : alors que les besoins sont croissants, les effectifs au sein de ces services diminuent de façon constante. La sénatrice propose aussi «un agrément pour les traders en viande» qui serait perdu en cas de fraude. La mission commune d’information sur la filière viande préconise d’instaurer un étiquetage obligatoire de l’origine nationale pour les viandes brutes et transformées. «Les contrôles sont trop peu nombreux. L’industrie agroalimentaire pratique ce qu’on appelle l’autocontrôle. Des vérifications devraient être faites de façon impromptues pour en vérifier les frigos», souligne Bernadette Bourzai, la présidente de la mission et sénatrice de la Corrèze.

Abattoirs et prix bas

Autre préoccupation de la mission : le déclin de la filière viande. «Le revenu des éleveurs stagne et le coût de l’alimentation animale impacte les exploitations», indique Bernadette Bourzai qui insiste pour que la Pac favorise l’élevage. Jusque là pas vraiment de surprise sauf que «la faiblesse du maillon de l’élevage engendre la faiblesse du maillon industriel». Parmi les propositions, les sénateurs proposent donc de créer un schéma national des abattoirs décliné par région, destiné à orienter la politique de l’Etat et des collectivités territoriales en direction de l’industrie de la viande. L’abattage sans étourdissement, sujet de polémique actuelle sur Internet, «doit rester une dérogation» pour la mission qui affirme dans son rapport que, à contrario, «l’abattage avec étourdissement minimise les souffrances animales». Un étiquetage obligatoire du mode d’abattage selon des modalités non stigmatisés est également préconisé ainsi que l’imposition de contrôles vétérinaires physiques au poste d’abattage pour toutes les espèces et la mise en place d’un suivi des incidents d’étourdissement et des égorgements. Pour rappel, l’abattage avec étourdissement est la règle mais la réglementation européenne permet de ne pas étourdir les animaux lorsque des méthodes particulières d’abattage sont prescrites par des rites religieux. La modernisation des bâtiments d’élevage fait aussi partie des priorités des Sages. Ils souhaitent lancer un plan sectoriel de modernisation des élevages avicoles et des entreprises de l’aviculture. Mais un problème demeure dans la filière : «la religion des prix bas» et la concurrence entre la grande distribution. Pour Bernadette Bourzai, «ce modèle n’est plus tenable».

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