L'Agriculteur Charentais 29 août 2013 à 10h16 | Par Bernard Aumailley

G20 - Quelqu’un a-t-il une idée pour faire de la croissance ?

Jeudi 5 et vendredi 6 septembre, Saint Petersbourg, l'Union sera au sommet du G20. Son ambition, améliorer la confiance et soutenir la reprise à l'échelle mondiale.

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José Manuel Barroso
José Manuel Barroso - © AC

Le sommet du G20 se tiendra les 5 et 6 septembre à Saint-Pétersbourg, sous la présidence de la Russie. L'Union européenne y sera représentée par José Manuel Barroso, président de la Commission, et Herman Van Rompuy, président du Conseil européen.  Ils viennent tous les deux de signer une lettre commune dans laquelle ils affichent les ambitions de l’Union. Ils appellent les autres dirigeants du G20 à «améliorer la confiance mondiale et à rester vigilants et proactifs pour soutenir la reprise mondiale et trouver le moyen de parvenir à une croissance forte, équilibrée, durable et inclusive.» Selon Ksenia Yudaeva, sherpa de Poutine et organisatrice de ce sommet du G20, la croissance sera au cœur des discussions : «parce que la croissance économique est un véritable défi mondial aujourd'hui. Notre tâche principale est d'identifier de nouveaux moteursà long terme. Et les modèles traditionnels de croissance économique sont au point mort depuis plusieurs années.» Elle ajoute : «comment voulez-vous encourager l'investissement lorsque la confiance sur les marchés financiers a été ébranlée, et lorsque de nombreux outils à long terme ne fonctionnent pas? Ce sont les choses que nous devons discuter». Les deux signataires assignent des «priorités de réflexion» au G2O : un, la croissance et l'emploi doivent figurer parmi les objectifs prioritaires du G20;  deux, il est nécessaire de mener à bien la réforme financière;  trois,  les travaux portant sur l'évasion et la fraude fiscale doivent avancer; quatre, il convient d'achever la réforme de l'architecture financière internationale et d'accomplir des progrès dans les domaines du développement, de la lutte contre la corruption et de l'énergie. «Cinq ans se sont écoulés depuis le début de la crise mondiale et trois depuis ses impacts les plus visibles en Europe. Nous avons fait d'importants progrès depuis le dernier sommet du G20 à Los Cabos, mais nous devons faire plus.»  Pour eux, «les risques extrêmes pour la zone euro ont reculé.» Ils détaillent l’action possible de l’Europe dans un «plan d’action de Saint-Pétersbourg» dans lequel figureraient des mesures pour mettre fin à la fragmentation financière et assurer la stabilité financière, y compris l'évaluation du bilan et nettoyer le système bancaire, mais aussi les réformes structurelles et l'assainissement budgétaire différencié pour restaurer la compétitivité et la viabilité de la dette. 

Rééquilibrer l’économie mondiale
Ils compléteraient cet arsenal avec des initiatives immédiates visant à promouvoir la croissance économique, notamment le Pacte pour la croissance et l'emploi et l'Initiative pour l'emploi des jeunes, et des mesures visant à renforcer l'architecture de l'Union économique et monétaire, «notamment à travers le rapide achèvement de l'union bancaire à travers la mise en place du mécanisme unique de résolution.» L’emploi des jeunes est inscrit dans les discussions russes, dans la lignée du groupe de travail des ministres du travail du G20 en juillet dernier. Et coup de griffe en passant aux donneurs de leçon : que les Etats-Unis et le Japon poursuivent leurs efforts d’assainissement budgétaire. «Mais la politique budgétaire seule ne suffit pas» poursuivent-ils, il fait des programmes de réformes structurelles « afin de stimuler la compétitivité et accélérer les changements dans les modèles de croissance existants si nécessaire. » Ré-équilibrer, voilà le maître mots : «les grandes économies excédentaires devraient envisager de prendre de nouvelles mesures pour stimuler les sources intérieures de pays à forte croissance et le déficit devrait accroître la compétitivité externe.» Reste qu’il faut financer l’investissement à long terme. L’Europe s’y attelle via un nouveau «plan d'investissement» pour soutenir les petites et moyennes entreprises (PME) et d'augmenter le financement de l'économie mobiliser toutes les ressources européennes, notamment celles de la Banque européenne d'investissement. 

Miser sur le commerce
«Le commerce doit être un élément central de notre programme de croissance» clament-ils et fustigent les protectionnistes. Quant à l’OMC, ils se répètent : «le G20 doit donner un signal politique fort aux négociateurs pour parvenir à un accord.» Le «Too-big-too-fail» si dangereux doit trouver une parade. «L'Union et les Etats-Unis ont récemment fait de grands progrès dans ce domaine, en annonçant des accords importants sur la façon d'aborder l'application des règles transfrontalières. D'autres membres du G20 devraient être encouragés à se joindre à cette démarche.» Avant de partir pour la Russie, les co-signataires concluent : «nous sommes déterminés à faire en sorte que le Sommet de Saint-Pétersbourg soit un autre pas vers la reprise de l'économie mondiale et l'augmentation de la stabilité financière. L'UE a tenu ses engagements pris l'an dernier à Los Cabos pour stabiliser la situation économique dans la zone euro et à renforcer l'Union économique et monétaire.» Résultats au bord de la Néva, le 6 septembre prochain.

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