L'Agriculteur Charentais 22 mars 2013 à 20h22 | Par Catherine LONGUEVILLE

Génétique - La génomique en race Prim'holstein pèse pour plus de 50 % dans l'IA

L'activité d'insémination reste stable à Apis Diffusion avec un léger décrochage en lait en Charente et Charente Maritime.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Michel Fouchet, directeur d'Apis diffusion
Michel Fouchet, directeur d'Apis diffusion - © A-C
Jeudi 7 mars, Apis Diffusion était en assemblée générale, à Pétosse, en Vendée.

Comment se caractérise votre activité ?

Michel Fouchet : Nous constatons une relative stabilité de notre activité de l'insémination artificielle. C'est sur les races laitières que l'IA diminue, notamment dans les zones situées en Charente-Maritime, Charente et Sud Vendée avec l'attrait des céréales ou du cognac. Les écarts sont importants selon les régions : de plus 3 % à moins 9 %. L'IA pour des taureaux de races bouchères progresse de 3,4 %. Notre activité est toujours dominée par l'IA en races laitières qui pèse pour 70 % alors que les races à viande représentent 30 %.

Comment progresse aujourd'hui la génomique dans la sélection des taureaux à la coopérative et des femelles dans les élevages ?

En 2012, 58 % des taureaux laitiers étaient diffusés avec une indexation génomique. 42 % sont des taureaux avec des filles de testage ou de service. La précision et la fiabilité restent encore plus fortes avec les taureaux de service (95 %) qu'avec les taureaux à index génomique (65 à 70 %). Mais, nous progressons chaque année car la base de référence des taureaux augmente. Les éleveurs ne prennent pas de risque avec la génomique car ils utilisent plusieurs taureaux. En Montbéliarde et en Normande, la progression est plus lente car la base de taureaux se situe à 4000 taureaux alors qu'en Prim'holstein, elle repose sur plus de 40 000 taureaux. La précision s'affine encore aujourd'hui pour des caractères comme la fertilité et la résistante aux mammites. Dans le catalogue, Gènes Diffusion de 2012 en race prim'holstein, la Vendée présente deux taureaux sélectionnés avec des index génomiques : Farmoy EBH du Gaec Besson et Folio PC de l'Earl Des Montagnards. Les producteurs laitiers utilisent également notre outil -GD SCAN- pour mesurer à partir d'une analyse de sang, la valeur génétique de leur femelle. Cela leur permet de sélectionner les femelles, d'affiner l'accouplement, de cibler la semence sexée ou conventionnelle sur certaines. Avec cet outil, ils obtiennent la même précision que notre centre d'insémination avec les mâles. En race allaitante, nous démarrons la phrase de pré-sélection pour trier des taureaux à partir des index génomiques. L'objectif est de proposer aux producteurs de viande une offre en 2015.
Stéphane DEVILLERS, juriste à l'UNCEIA
Stéphane DEVILLERS, juriste à l'UNCEIA - © A-C

Cette modification des schémas de sélection vous permet-elle d'être plus compétitifs ?

Nous avons effectivement moins de taureaux en pension ce qui diminue nos coûts de fonctionnement. Sur la zone de Gènes Diffusion, les taurelleries sont moins pleines qu'il y a 4-5 ans et certaines ont fermé. On est ainsi passé de 8 taurelleries à 4 à Gènes Diffusion. Mais, nous avons des frais pour le génotypage et il faut amortir le programme de recherche. Les coûts de sélection restent donc stables.

Pour s'adapter aux marchés, voire en conquérir, quelles sont les orientations d'Apis Diffusion ?

Cette année, Gènes Diffusion vient d'initier un partenariat avec le centre d'insémination GENUS, centre d'insémination nord-américain spécialisé en bovins et porcs (1) pour mettre en commun nos réseaux commerciaux. Dans certains pays, en Asie, en Chine, pour décrocher des marchés, il faut être à plusieurs et disposer d'une offre conséquente. Nous sommes complémentaires avec les USA, c'est l'intérêt de cette démarche. Quand on sélectionne 100 taureaux, certains ne seront pas adaptés au marché français mais vont intéresser d'autres pays. Comme des taureaux américains vont intéresser les Français.

«les coopératives d'insémination devront acquérir des tailles plus importantes pour s'affirmer sur les marchés à l'international»

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. l'Agriculteur Charentais se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le chiffre de la semaine
444 M€
444 millions d’euros qui avaient été prélevés sur les paiements directs de la PAC, en prévision de la réserve de crise pour 2018, vont être remboursés aux agriculteurs européens, a annoncé la Commission européenne fin novembre.

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui