L'Agriculteur Charentais 04 décembre 2014 à 08h00 | Par JMD

Grippe aviaire : Les chasseurs sentinelles de la nature

Un premier cas détecté en Allemagne place la France en état de risque modéré. Les chasseurs sont appelés à participer à la surveillance.

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Les chasseurs peuvent continuer d’utiliser leurs appelants.
Les chasseurs peuvent continuer d’utiliser leurs appelants. - © fdc17

Le 22 novembre dernier, un premier cas d’influenza aviaire hautement pathogène dû au virus H5N8 a été identifié sur une sarcelle d’hiver au nord de l’Allemagne.  A la suite de la publication de l’avis de l’agence d’évaluation des risques, l’ANCES, sur le risque d’introduction et sur la dangerosité d’une souche d’influenza aviaire en France, le ministère de l’agriculture a pris la décision d’élever, par arrêté, le niveau de risque pour l’influenza aviaire et de le qualifier désormais de modéré en France.Les principales mesures qui découlent de ce niveau de risque sur l’ensemble du territoire métropolitain sont le renforcement des mesures de biosécurité en matière d’alimentation  et d’abreuvement des volailles, et la surveillance accrue par les éleveurs des signes cliniques évocateurs de la maladie. En complément de ces mesures générales, dans les zones humides considérées par l’ANCES comme les zones à risque, des mesures de protection des élevages seront mises en place, pouvant aller jusqu’au confinement des volailles et oiseaux détenus par des éleveurs amateurs ou professionnels.

La DGAL consulte les chasseurs
Après avoir réuni tous les acteurs de la filière volaille, le ministère (DGAL) a aussi pris le temps de consulter les chasseurs jeudi dernier. La France est le seul pays européen où les chasseurs utilisent des oiseaux semi apprivoisés comme appelants. Les chasseurs de gibier d’eau élèvent ainsi des oies et des canards spécialisés pour appeler leurs congénères sauvages et tenter de les faire poser sur les mares de tonne. Ce mode de chasse, traditionnel, est pratiqué dans la plupart des départements situés sur les couloirs de migration et offrant une disponibilité alimentaire. Dans ce contexte, la délégation conduite par la Fédération nationale des chasseurs (FNC) à la DGAL comportait sans surprise les présidents des fédérations des chasseurs les plus concernés, dont Patrice VARENNE pour la Charente Maritime. Selon le communiqué de la FNC, la réunion aura été constructive, la DGAL ayant compris l’intérêt de maintenir l’utilisation des appelants sur le territoire national malgré le passage au niveau de risque modéré. Bien que les marges de manœuvre restent étroites, le ministère s’est dit prêt à prendre sous huitaine un arrêté clairement dérogatoire pour maintenir ce droit d’utilisation des appelants, dont le rôle de sentinelle et la qualité sanitaire ont déjà été prouvés lors des épisodes précédents où la France a été confrontée au risque de l’influenza aviaire (voir encadré).

Lire la suite dans  notre édition du 5 décembre

2281 éleveurs d’appelants en Charente Maritime

En décembre 2006, le virus H5N1 prend le ministère au dépourvu. Ce sont la fédération des chasseurs et les pompiers du SDIS qui gèrent 1107 appels téléphoniques et recensent 1398 cadavres d’oiseaux en tous genres. Sur 107 analyses pratiquées, toutes sont négatives au regard du virus. Les chasseurs assument seuls les coûts de ce suivi et devront attendre un an pour l’Etat mette la main au porte monnaie et transmette la gestion du téléphone à la DDSV. La fédération des chasseurs organise le recensement des éleveurs d’appelants, la mise à disposition d’un registre.  Elle assure aussi auprès de tous ces élevages  les contrôles sanitaires par écouvillonnage.  La première année, 2035 oiseaux sont examinés et tous les contrôles s’avèrent négatifs. Il en sera de même les années suivantes dans le cadre  des contrôles auprès d’un échantillon représentatif de 400 appelants.

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Le chiffre de la semaine
36,1 Mt
Il s’agit de la quantité de blé tendre attendue à l’issue de la moisson 2018, proche de celle de l’an dernier et légèrement supérieure à la moyenne de la période 2013/2017. Le blé dur, en revanche devrait voir sa production baisser de 12,2 %, en raison d’un rendement passant de 55,9 à 51,8 qx et d’une baisse des surfaces cultivées.

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