L'Agriculteur Charentais 27 août 2015 à 08h00 | Par Actuagri

Henri Brichart : «La sécheresse se rajoute aux autres difficultés»

Président de la FNPL

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- © AC

Quelle est la situation en France aujourd’hui ?
La sécheresse est présente un peu partout sur le territoire, et même si tous les départements ne sont pas touchés de la même façon, toutes les régions le sont. C’est une année où le manque d’eau va poser problème et comme il frappe souvent dans les mêmes endroits, les gens qui commençaient à se relever de la sécheresse de 2011, qui avaient dû emprunter pour acheter du fourrage, vont à nouveau être impactés. La sécheresse se rajoute aux autres difficultés, sachant que cette année, les prix sont très bas sur les produits animaux. Les conséquences sont bien évidemment, côté récolte des fourrages, des premières coupes en baisse, sans possibilité de faire une deuxième coupe dans certains endroits. Des éleveurs sont obligés d’affourager aux champs. Les cultures d’hiver ne sont pas touchées mais la sécheresse frappe les cultures de printemps : le maïs, avec un impact sur le maïs fourrage pour les éleveurs, et la perspective de faibles récolte dans les zones où le maïs n’est pas irrigué. Sur d’autres cultures de printemps comme l’orge, le potentiel est faible.

Quelles sont les demandes pour permettre aux agriculteurs de passer cette période difficile ?
Globalement, nous avons trois types de demandes. Premièrement, les mesures classiques, via la mobilisation du Fonds national de gestion des risques en agriculture (FNGRA), une pratique dont on a l’habitude, mais il faut que les agriculteurs soient indemnisés le plus rapidement possible car cette sécheresse tombe une année où la trésorerie des éleveurs est déjà mise à mal. Ensuite, une problématique se pose avec la nouvelle PAC. Avant, quand on traversait ce type de période, on obtenait une dérogation pour utiliser les jachères en tant que pâturage. C’est une demande forte de la FNSEA et de la FNPL. Pour utiliser les jachères, on nous dit de modifier la déclaration PAC et de les déclarer en prairie afin de les utiliser pour l’affouragement. Mais du coup, elles ne sont plus comptabilisées dans les SIE, et cela bloque en plus leur utilisation dans le futur puisqu’on ne peut pas les retourner après. Cette solution ne nous convient pas. Le ministère nous dit que la nouvelle PAC ne prévoit pas ce point, si c’est le cas c’est quelque chose qu’il faudra revoir et faire évoluer dans le cadre de la simplification. Après, nous avons également la problématique des SIE : un certain nombre d’agriculteurs ont inscrit en SIE, dans le cadre des déclarations PAC, des cultures intermédiaires que l’on sème après la récolte. Dans les endroits où il n’est pas tombé une goutte de pluie depuis deux mois, les agriculteurs auront beau mettre des graines dans la terre, ça ne va pas lever. Nous souhaitons obtenir des dérogations à ce sujet.

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36,1 Mt
Il s’agit de la quantité de blé tendre attendue à l’issue de la moisson 2018, proche de celle de l’an dernier et légèrement supérieure à la moyenne de la période 2013/2017. Le blé dur, en revanche devrait voir sa production baisser de 12,2 %, en raison d’un rendement passant de 55,9 à 51,8 qx et d’une baisse des surfaces cultivées.

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