L'Agriculteur Charentais 31 décembre 2014 à 08h00 | Par Agra

«Il n’y a pas plus sourd, qu’un ministre qui ne veut pas entendre»

En ce début d’année, Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA, houspille le ministre de l’agriculture.

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Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA.
Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA. - © ac

2014  se termine. La trêve de Noël clôturera une année riche en activité syndicale. Les dossiers sont nombreux, lourds à porter, complexes à défendre, délicats à faire partager.Dès le mois de février, nous nous sommes mobilisés au sujet des cours d’eau, fossés, leur définition et leur mode d’entretien. Neuf mois de lobbying, indignations, explications, démonstrations. Il aura fallu attendre des pluies remarquables, non pas exceptionnelles, des accidents dramatiques pour que la discussion avance avec le ministère de l’Ecologie. La FNSEA et les JA demandent qu’une loi vienne préciser la règlementation. Qu’on entérine une bonne fois pour toutes que les ruisseaux, les cours d’eau, les fossés, on les entretient : les rendre à la nature est un danger permanent.Au mois de juin, une idée saugrenue sort des bancs parlementaires : il faudrait désormais ne plus «soigner» nos récoltes à moins de 200 m d’un établissement public, d’une maison d’habitation. Le travail de cartographie pour mesurer l’impact d’une telle mesure, notre mot d’ordre autour du «Manger français» ont porté leur fruit : le bon sens l’a emporté. Un groupe de députés souhaite ressortir ce dossier. Par idéologie certainement, notre ministre de l’Agriculture a été bien silencieux sur ce sujet.L’été plutôt propice à la production qu’à la récolte se passe avec son lot de contrôles. Nous devons les uns après les autres corriger notre RPG. La multiplication des instruments de mesure et de contrôles fait que nous ne savons jamais si notre déclaration PAC sera validée ou considérée juste en cas de contrôle. Contrôles trop nombreux et tatillons. Une dizaine de règlementations s’applique sur chacune de nos exploitations. Chaque agriculteur doit être aussi pointu que l’ensemble des corps de contrôle. L’erreur et l’oubli ne sont pas distingués de la faute intentionnelle. Le premier ministre a annoncé une mission contrôles. Nous travaillons d’arrache-pied à proposer une forte simplification pour que cette chape de plomb s’allège.Et la production, et les prix, et les revenus. Crise depuis février pour la production porcine, prix bloqués pour la viande bovine. L’embargo russe perturbe les fruits et légumes. Le prix des grains n’en finit pas de faire le yoyo… Les chiffres tombent : - 25 % sur le revenu agricole. Le prix du baril n’en finit pas de dégringoler, toujours pas d’impact sur le coût des engrais. La politique agricole commune a réduit ses systèmes de régulation et de maîtrise. Les producteurs se sentent bien seuls face à cette volatilité. Les marges dégagées par nos entreprises ne permettent pas de faire face longtemps à une telle situation. Notre aval nous parle plus des conséquences de l’embargo russe que des opportunités sur le marché mondial. A l’approche des négociations avec la GMS, nous aimerions entendre parler des charges et de l’incertitude qui pèsent sur la production.Oui la FNSEA et les JA ont bien connaissance et conscience de cette situation, de ces difficultés, et nous les portons à chaque niveau de décisions.Monsieur le Ministre, comme seule réponse vous nous dîtes «Agroécologie». Nous serons nombreux à y souscrire mais le développement durable en agriculture est bien plus complexe. Il ne suffit pas de vouloir des agriculteurs exemplaires en matière de pratiques agricoles, nous avons besoin d’être debout, respectés dans notre activité et nos projets.FNSEA-JA, nous avons aussi lancé le «Produire en France pour manger français» parce que nous restons dans la logique du syndicalisme de solution ! Moins de contraintes mal calibrées, plus de confiance et d’appui au développement d’un secteur d’avenir : voilà ce que les paysans attendent de leurs gouvernants! Les perspectives de marché sont là, tant sur nos marchés intérieurs qu’à l’export. Des jeunes et des moins jeunes ont envie de travailler, d’innover, de se développer et de vivre dans les territoires… Soyez au rendez-vous Monsieur le Ministre !

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Quinze des 29 projets agricoles déposés par les zadistes de Notre-Dame-des-Landes ont d’ores et déjà été jugés «éligibles» à la signature de conventions d’occupation précaire (COP), a annoncé le 14 mai le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert. Pour les autres projets, «nous avons encore besoin de temps pour continuer à les examiner», soit en raison de dossiers incomplets, soit du fait de conflits d’usage avec d’autres exploitations agricoles, a ajouté le ministre.

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