L'Agriculteur Charentais 29 mars 2013 à 12h40 | Par Christelle PICAUD

INSTALLATION - L’augmentation des départs en retraite pose les enjeux de l’installation

Lors des assises régionales sur le dispositif d’accompagnement des jeunes agriculteurs, 70 personnes réfléchissaient aux évolutions possibles du dispositif . Synthèse

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La convention entre la Safer et la Région Poitou-Charentes permettant
la mise en réserve foncière a été présentée comme une initiative vertueuse. Stockés par la Safer avant d’être rétrocédés à des jeunes, ces hectares échappent ainsi à l’agrandissement.
La convention entre la Safer et la Région Poitou-Charentes permettant la mise en réserve foncière a été présentée comme une initiative vertueuse. Stockés par la Safer avant d’être rétrocédés à des jeunes, ces hectares échappent ainsi à l’agrandissement. - © AGRI79

Avec près de 300 nouvelles inscriptions à la MSA par an (jeunes agriculteurs de moins de 40 ans), la région Poitou- Charentes s’inscrit chaque année dans le peloton de tête du classement national des installations. «Ce chiffre illustre la qualité des dispositifs d’accompagnement mis en place dans notre région», introduisait Philippe De Guenin, directeur de la DRAAF. Un constat qui n’exempte pas les acteurs locaux d’une remise en question. Comme chaque région de France est appelée à le faire à la demande du ministre de l’agriculture, la préfecture de Région en collaboration avec le conseil régional ont lancé les assises de l’installation. Jeudi 21 mars, à Melle, dans l’amphithéâtre du lycée agricole, 70 personnes prenaient part aux échanges conduits dans ce cadre. «Il s’agit de faire un bilan de l’existant. À partir de là, nous partagerons avec le ministère les initiatives qui fonctionnent sur notre territoire. Cette réflexion doit également nous amener à analyser nos faiblesses. Cette prise de conscience nous permettra d’améliorer l’efficacité de notre action», cadrent Philippe de Guenin et Benoît Biteau, représentants des structures co-organisatrices.
Première étape d’une série de trois, la réunion de la semaine dernière a permis en matinée de faire un état des lieux. En Poitou-Charentes, ces dernières années, le taux de renouvellement des actifs agricoles approche les 80%. «Dès 2014, le nombre des départs à la retraite remonte de manière significative. Ils seront de l’ordre de 800 à 900 par an», alertait Eric Ferré, invité à présenter les chiffres du répertoire régional à l’installation. Pour maintenir le nombre des actifs agricoles, tous les projets d’installation devront faire l’objet d’une attention particulière. Tous les départs à la retraite devront être anticipés. «La synthèse de nos travaux de ce jour sera partagée avec l’ensemble des acteurs du monde agricole jeudi 30 mai. Ensuite, elle sera transmise au ministère. L’ensemble des contributions régionales a vocation à faire évoluer la loi. Toutefois, et en dehors de tout cadre réglementaire, les dispositifs régionaux (co-financés par des acteurs locaux, Région, Département) les plus efficaces, ainsi partagés, pourront être développés dans tous les territoires ».
Les futurs dispositifs d’accompagnement devront tenir compte du nouveau profil des candidats. «Sur 700 jeunes reçus au point info installation en 2012, plus de 50 % projettent une installation hors du cadre familial. Autre point important, 30% ne possèdent pas de diplôme agricole», présente Vincent Touzot, président de JA Poitou-Charentes. Le dispositif d’accompagnement doit tenir compte des particularités de ce nouveau public. «Le parcours à l’installation est gage de réussite», témoigne Philippe Tuzelet directeur de la Safer Poitou-Charentes. Les dépôts de bilan sont rares en agriculture et encore plus parmi les exploitants qui sont rentrés dans le dispositif d’accompagnement à l’installation, affirmait l’observateur.
Si personne ne semble contester l’intérêt du parcours, son évolution au fil des discussions apparaît comme souhaitable. Notamment pour ceux qui développent des projets dits atypiques. Mathieu, l’un des associés de la ferme Aquamara (maraîchage bio en Charente Maritime) témoigne de nuits entières à essayer de faire entrer son projet dans les cases. «L’exercice peut décourager plus d’un porteur de projet», certifie- t-il.

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Le chiffre de la semaine
444 M€
444 millions d’euros qui avaient été prélevés sur les paiements directs de la PAC, en prévision de la réserve de crise pour 2018, vont être remboursés aux agriculteurs européens, a annoncé la Commission européenne fin novembre.

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