L'Agriculteur Charentais 04 juillet 2013 à 00h00 | Par Myriam Tricoci

Internet - L'urbanité est partout

Un sociologue donne son avis sur la notion de ruralité.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
- © Myriam Tricoci

Comment définir aujourd’hui l’espace rural ?
Il faut comprendre que la révolution informatique fait, qu’aujourd’hui, rien n’est loin. Auparavant, on différenciait la campagne profonde de la ville. Ce n’est plus vrai. L’urbanité – le lien, le débat, l’information- est partout. Les agriculteurs, actuellement, peuvent trouver le cours du blé au Brésil sur le net, par exemple. L’exode rural est terminé. Cela donne une nouvelle chance à l’espace rural.

Peut-on concilier la vision agricole et la vision «rurbaine» des campagnes ?
Au niveau sociologique, on peut dire que l’agriculteur a perdu son pouvoir «culturel» sur la campagne. Avant, tout s’organisait autour de lui. Aujourd’hui, même si 50 % du sol de France est toujours tenu par les agriculteurs, ils sont environ 320 000 contre 3,5 millions au sortir de la seconde guerre mondiale. La campagne est habitée par des agriculteurs, mais aussi des écolos, des retraités… La majeure partie de la population rurale est d’ailleurs ouvrière. Car la campagne est majoritairement habitée autour des villes, que ce soit Paris ou Vichy. Elle est en plein bouleversement. Il n’y a pas d’affrontement, mais plutôt une incompréhension mutuelle. Après tout, 70 % des fermes sont à moins d’une heure d’une ville. Les zones les plus «déshabitées» sont celles où il n’y a pas de paysans.

Alors, comment sera l’avenir ?
Les départements «verts», comme l’Allier, essaient de se regrouper. Ils ont peu d’hommes, mais peuvent produire de nombreuses richesses : de l’eau, de l’énergie, de la nourriture. Et c’est essentiel à l’écosystème actuel. La société est sortie de l’idéologie «fossile» [NDLR : basée sur les énergies fossiles comme le pétrole]. L’agriculture a un grand rôle à jouer dans le renouvellement de cette société. C’est elle qui construit le monde de demain, au-delà du rôle nourricier dans lequel la révolution industrielle l’avait réduit. Le cœur de métier des agriculteurs est le vivant. Cela passera par des exploitations aux multiples visages : éolien, solaire, biomasse, circuits courts et longs. La «polysémie» du paysan va se redévelopper. L’agriculteur sera celui qui nourrit, qui habille, qui fournit de l’énergie. Le monde de demain lui est ouvert. Il faut qu’il s’en saisisse.
Propos recueillis par Myriam Tricoci

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. l'Agriculteur Charentais se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Le chiffre de la semaine
50 000
La Turquie importe, notamment de la viande bovine (80 % sous forme de bovins maigres et 20 % en bovins finis) pour combler ses besoins sur le marché intérieur. Le pays se place ainsi au 2ème rang mondial des importateurs de bovins, juste derrière l’Union européenne (dans son ensemble). Mais la récente dévaluation de la livre turque fait ralentir ces importations. La France fournissait jusqu’ici 50 000 bovins par an, dont 20 900 broutards (partiellement issus de Poitou-Charentes).

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui