L'Agriculteur Charentais 17 septembre 2015 à 08h00 | Par l'Agriculteur Charentais

Interview Patrick Soury

Le secrétaire général de la FNO parle de la crise et ses incidences pour les ovins.

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- © A.M.

Alors que le monde de l’élevage manifestait à Paris qu’en est-il de la situation de la filière ovine qui semble épargnée par la crise ?


Depuis le début de l’année, la production ovine est plutôt bien. On souffre depuis 3 mois d’une baisse saisonnière plus accentuée que les années précédentes qui est liée au contexte général et à une baisse de consommation. Même si globalement, les cours ovins vont dans le bon sens il faut être attentif car nous sommes dans une situation de convalescence. Il s’agit notamment de ne pas franchir cette barre psychologique des 6 €/kg payés aux producteurs que l’on a franchi cet été. Il ne faudrait pas anéantir le travail qui a porté ses fruits. C’est pour cela qu’on est vigilant afin de ne pas détruire cette image positive que l’on doit continuer à porter pour attirer des porteurs de projets. Nous représentons 40 % de la consommation française. Nous avons des signes de qualité qui tirent les prix vers le haut. Nous avons des perspectives de développement mais cela ne peut passer que si on a une stabilité et une lisibilité des prix.
Les prix sont déjà en train de remonter…


Nous aurons peu de production dans les semaines qui viennent. On arrive dans le creux de production du 4e trimestre qui n’est pas sans difficulté pour honorer des contrats, notamment dans les signes officiels de qualité. Les éleveurs ont déjà fait beaucoup de progrès en terme de régularité. Il faut continuer dans cette voie mais le prix payé doit être à la hauteur du coût de production supérieur nécessaire pour produire de l’agneau en hiver.
Quel impact aura la grande Région sur l’avenir de la production ovine ?


Nous serons la première région en ovin allaitant et la deuxième en ovin lait. Nous avons pu échanger avec Alain Rousset. Quelque soit le résultat des Régionales, je pense que l’ensemble des candidats est dans une logique de capter de la valeur ajoutée sur le territoire et cela ne peut passer que par une production de qualité, particulièrement en ovin.
Quel est l’avenir du salon Tech Ovin ?


C’est un peu prématuré pour savoir avec précision ce qu’il en sera. Les présidents de Régions ont fait savoir que la manifestation continuerait d’être organisée à Bellac. Faut-il encore qu’ils honorent leur engagement dans l’accompagnement financier que cela nécessite. C’est compliqué d’arriver à boucler un budget. Pour nous la FNO, au-delà de la question du lieu, Tech Ovin doit perdurer car c’est l’événement majeur ovin, en allaitant. Il est indispensable pour Inn’Ovins et la Reconquête Ovine. On sera attentif à ce qu’il y ait une continuité. Cette année a été une belle édition par son affluence.


Propos recueillis par Alexandre Merlingeas

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Le chiffre de la semaine
80 000 téc
Selon une estimation de l’Institut de l’élevage (Idele), datée de septembre 2016, ce ne sont pas moins de 80 000 tonnes équivalents carcasses (téc) supplémentaires qui devraient arriver sur le marché européen, sur les six derniers mois de l’année de 2016 par rapport à 2015. D’après l’Idele, la hausse des tonnages abattus en France, Allemagne, Royaume-Uni, Irlande, Pays-Bas, Pologne, Belgique et Danemark, «atteindrait +30 000 téc par rapport à 2015 au 3e trimestre (soit +7%/2015) et +50 000 téc au 4e trimestre (soit +10%/2015) ».