13 juin 2013 à 15h46 | Par Actuagri

interview Pierre Chevalier - «Le prix, objectif numéro un»

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Pierre Chevalier
Pierre Chevalier - © © F. D’Alteroche


La FNSEA appelle à manifester le 23 juin à Paris, quel message entendez-vous faire passer pour les producteurs de viande bovine?
Les éleveurs de viande bovine ont les revenus les plus faibles de l’agriculture. Il s’agit d’un des secteurs le plus fragile tant sur le plan économique que d’un point de vue sociologique en raison de la surcharge de travail à laquelle les éleveurs doivent faire face. Il importe aujourd’hui que soit prise en compte la situation spécifique de l’élevage bovin viande dans la réforme de la Pac actuellement en discussion et de donner des signes positifs aux producteurs. Comme je le disais, le constat est plus qu’alarmant. La production française a chuté de 6 % l’an dernier et elle devrait encore se rétracter de 2 % en 2013. Alors que dans le même temps les perspectives de marché sont encourageantes avec des prévisions de croissance de la consommation de viande bovine de 15 à 20 % au plan mondial  dans les dix ans qui viennent. Sur le plan français, il est indispensable de parvenir à une revalorisation des prix à l’élevage qui couvrent les coûts de production. C’est le message que nous voulons adresser aux pouvoirs publics, aux Parisiens et à l’opinion publique sinon l’élevage, les races à viande en particulier, l’entretien des sites et des paysages vont disparaître en France au profit de la friche.

Plus précisément, quelles sont vos revendications prioritaires?

Il faut que dans le cadre de la future Pac, la spécificité des ruminants et de l’élevage bovin en particulier soit reconnue avec des soutiens ciblés sur cette production et également sur les zones à handicap naturel. En France, nous sommes mobilisés sur l’objectif numéro un de faire prendre en compte les coûts de production dans les prix à tous les niveaux de la filière. Et sur le plan international, nous devons veiller à ce que l’Europe n’ouvre pas ses frontières aux Etats-Unis ou au Canada dans le cadre de négociations bilatérales. Il est important de ne pas laisser la porte ouverte à des importations dérogatoires qui ne respecteraient pas le même cahier des charges que les éleveurs européens s’imposent, qu’il s’agisse de sécurité alimentaire, de conditions d’élevage ou de bien-être animal.
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Le chiffre de la semaine
2 000
En Nouvelle Aquitaine, 2 000 éleveurs seraient impactés par la réforme de la carte des zones défavorisées en ne bénéficiant plus de l’ICHN, ce qui représenterait pour ces exploitations, une perte nette de 15 ME par an. En 2016, 11 500 éleveurs ont bénéficié de cette indemnité pour un montant total de 92 ME. Ils représentent plus de 20 % des bénéficiaires.