L'Agriculteur Charentais 10 avril 2014 à 10h24 | Par Bernard Aumailley

irrigation - Donner un tour de vis supplémentaire à la pompe

En 2006, on a figé les volumes. Depuis on réduit, on réduit, à la recherche de l’équilibre le plus grand nombre de fois.

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- © IGN bd carto

Voilà quelques semaines qu’on les attendait. Sitôt la période de réserve levée, ils ont été publiés… trois arrêtés qui viennent donner la règle du jeu pour les usages d’irrigation jusqu’en septembre prochain sur tous les bassins. Le premier donne les mesures de restrictions structurelles des volumes d’eau, le second et le troisième fixent les mesures de limitation ou de suspension. Si tout découle de la loi sur l’eau de 2006, la longue litanie des règles établis au fil des ans, conduit Béatrice Abolivier à prendre, en mars 2014, un arrêté dans la ligne droite dressée depuis quelques années en matière de réduction structurelle des volumes. Comme le «déséquilibre» est constaté, il faut de force rétablir l’équilibre en réduisant les quantités utilisées par les prélèvements dans les nappes ou les rivières. La Charente-Maritime se retrouve avec aujourd’hui 18 zones hydrologiques «cohérentes». Le «déséquilibre», c’est le «franchissement quasi-annuel des seuils de restrictions sur un bon nombre de bassins hydrographiques déficitaires.» Il faut respecter les DOE/POE et les DCR/PCR. En 2006, on avait un volume notifié individuellement. C’est la référence. Il avait été pondéré en fonction des bassins et s’il existait ou non un projet de réserve. Depuis toujours, ceux des irrigants utilisant moins de 20 000m3 en sont exonérés, comme les maraîchers, les arboriculteurs et les pépiniéristes. De fil en aiguille, aujourd’hui les taux de diminution deviennent conséquents pour certains bassins.

Lire le détail des bassins dans notre enquête du 11 avril


Un tiers des réserves seraient faites...

Cédric Tranquard ne décolère pas. A la lecture des arrêtés, sans harmonie d’horaires dans les limitations, il n’y perçoit qu’un embrouillamini à dessein pour « brouiller les pistes. ».  Le président de l’ASA Boutonne, fort des projets de réserve (6Mm3), pense que l’on «pourrait adapter sur les années de transition» : «car on ne revient jamais en arrière.»   L’abandon de l’irrigation pour les non-adhérents l’inquiète : «l’avenir est dans l’irrigation. L’avenir de l’irrigation passe par les réserves. L’avenir des réserves passe par le juridique et les normes toujours nouvelles…» L’ASA redépose, à la fin du mois, un nouveau dossier complété d’un audit sur la faune et la flore remis deux fois sur le chantier. «Avec le syndicat mixte de l’eau, maître d’œuvre et emprunteur, l’ASA porteur du projet nous pourrions aboutir…» Une baisse de 60 % des volumes d’avant 2006 est considérable et a conduit l’arrêt de l’irrigation, des exploitations ou l’agrandissement. «Ceux qui sont des projets de réserves ne sont qu’à -13 %. Les projets doivent sortir sinon la marche à sauter sera impossible en 2017, sans les réserves !» Fuit de l’argent perdu, de la valeur ajoutée, pour le port de La Pallice, pour l’emploi : «un scénario qu’il ne faut pas évincé. Surtout avec le nouveau ministre de l’Ecologie.» Optimiste, il croise les doigts.

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