L'Agriculteur Charentais 30 mai 2014 à 09h06 | Par Thierry Michel

Jacques Rouchaussé - «Dire clairement que produire sain et bon a un prix»

Président de Légumes de France

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- © LEGUMES DE FRANCE

Une nouvelle fois, Légumes de France attire l’attention sur le dumping social auquel sont confrontés les producteurs…
Une fois de plus, en effet, et cela devient un problème répétitif. Nous avons de bons produits légumes en France, nous sommes les premiers de la classe au niveau européen pour ce qui est de la qualité, de la sécurité et de la question sanitaire mais pour gagner 3 ou 4 centimes d’euro, on importe en provenance même d’Europe mais aussi des pays tiers, d’autres produits, en pleine saison de notre production. Si l’on veut mettre les prix français au niveau des prix les moins chers venus d’ailleurs, alors il faut nous expliquer comment fait-on avec les coûts de production. On ne peut pas accepter que les producteurs de légumes soient contraints de vendre à perte ! Et pour nous, les coûts de production sont aujourd’hui incompressibles.

Que faire ?
C’est toute la chaîne de distribution sur, et avec, laquelle il faut agir, pas seulement la grande distribution. Et il faut dire clairement que produire sain, avec du goût et de façon sécurisée à un prix. Ceci comprend aussi les grossistes, les centrales d’achat… Par ailleurs, le gouvernement «vend» les bienfaits du local, et c’est une bonne chose, pour approvisionner les cantines et la restauration collective. Alors donnons nous vraiment les moyens sur ce segment. IL convient aussi de réfléchir à une « culture » du patriotisme économique. En Allemagne et au Royaume-Uni, on constate que les consommateurs achètent certes des produits venus de l’extérieur mais quasi uniquement pour ce qu’on ne trouve pas sur le marché intérieur.

Que demandez vous au gouvernement ?
D’abord de créer une véritable communication de soutien au développement du choix des produits nationaux par les consommateurs français. Ensuite, mettre un peu de souplesse dans l’application de la réglementation sanitaire, en appliquant le texte européen, pas plus. Nous sommes également des employeurs de main-d’œuvre. On vient d’obtenir de pouvoir utiliser le CICE mais auparavant, nos charges avaient considérablement augmenté annulant un éventuel bénéfice en provenance de ce crédit d’impôt. Enfin, on ne peut pas faire des économies sur tout et tout le temps : il faut préserver et mettre le paquet sur la recherche, l’innovation et les expérimentations publiques. Sinon, nos futures productions dépendront de la recherche des autres pays !

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La Turquie importe, notamment de la viande bovine (80 % sous forme de bovins maigres et 20 % en bovins finis) pour combler ses besoins sur le marché intérieur. Le pays se place ainsi au 2ème rang mondial des importateurs de bovins, juste derrière l’Union européenne (dans son ensemble). Mais la récente dévaluation de la livre turque fait ralentir ces importations. La France fournissait jusqu’ici 50 000 bovins par an, dont 20 900 broutards (partiellement issus de Poitou-Charentes).

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