L'Agriculteur Charentais 17 avril 2014 à 09h33 | Par Bernard Aumailley

James Guionnet - Boycottons l’augmentation de la CVO

Président du syndicat caprin 17

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- © AC

Un accord national a acté l’augmentation de la taxe d’équarrissage pour les caprins. Face aux sommes demandées, vous appelez au boycott de l’augmentation. Pourquoi ?
L’accord a été signé au niveau national par la FNEC et ATM petits ruminants. D’année en année, on a vu l’Etat se désengager depuis 2009 et un essai de mutualisation s’est avéré impossible.  Les batteurs ont aussi décidé de ne pas participer au financement. C’est donc par une augmentation de  la cotisation volontaire obligatoire amont des éleveurs de caprins : CVO qui passe de 0,32€ à 1,84€ HT par chèvre pour les reproducteurs de plus de 6 mois et de 0,031 à 0,2€ HT par chevreau. Nous avons calculé que pour un troupeau caprin de 500 chèvres, la taxe passerait de 161 € à 920 €. C’est inadmissible. Nous sommes déjà fragiles par nos coûts de production et la faiblesse du prix payé, nous n’avons pas besoin d’une  taxe supplémentaire. C’est pour cela qu’en accord avec l’organisme qui nous fait les prélèvements, l’EDE, nous avons décidé d’appeler au boycott de l’augmentation. 

Cela s’est-il déjà produit dans d’autres filières d’élevage ?
Les autres productions ont une valeur marchande de la viande, supérieure à nous. Nous n’avons pas d’association de viandes caprines pour l’instant. Elle est en cours de création. Avec la section caprine de la FNSEA et les JA, nous avons voulu réagir face à cette augmentation. Nous avons déjà rencontré les abattoirs. Nous avons les chiffres, mais les volumes de ramassage nous semblent cohérents. Cela n’est pas évident de contrôler. Dans la mesure où l’accord a été signé nationalement, notre marge de manœuvre est étroite. D’autres départements et d’autres régions réagissent aussi. Si le dossier est clos selon la FNEC, le fait qu’un grand nombre de départements décident de boycott, fera retourner peut-être la FNEC à la table des négociations. C’est le but de l’opération. Surtout que cela s’ajoute à l’électronisation, qui nous sert à rien et nous coûte cher.

D’autant que rien n’est bien neuf sur le prix du lait de chèvre ?
Au niveau régional, nous demandions 70 €. Au niveau national, il négocie à 30 € ! Cela ne pourra jamais le faire. Il semble que les prix dans la GMS aient augmenté. Dans l’immédiat, nous n’avons pas d’engagements régionaux au-delà de ce qui était prévu pour 2014. Cette augmentation, nous le répétons, est plus que nécessaire sinon nous allons encore perdre des éleveurs. Nous avons cru un moment que le coût de l’alimentation allait baisser, mais il n’en est rien aujourd’hui, ni les céréales, ni le soja.

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