L'Agriculteur Charentais 22 février 2013 à 19h15 | Par Laurence GUILEMIN

Jeunes Agriculteurs 17 - Fédérer, être force de propositions pour mener le combat syndical

Vitalité, pugnacité, passion, envie étaient au rendez-vous lors de l’assemblée générale, vendredi dernier, à Saintes.

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Olivier Bayou, secrétaire-général et Alban Mercier, président veulent renforcer le réseau syndical
Olivier Bayou, secrétaire-général et Alban Mercier, président veulent renforcer le réseau syndical - © A-C
L’assemblée générale des JA 17, à Saintes, vendredi dernier, avait comme un goût de renaissance. Certes, l’année 2012 a été quelque peu chaotique, mais c’est peut-être pour mieux renaître et remotiver les troupes. 2013 s’annonce comme l’année du «combat syndical» pour Alban Mercier, président des JA17. «JA 17 a trébuché, mais JA 17 se relève» note avec une pointe d’humour, le secrétaire général, Olivier Bayou. «Nous serons plus présents. Nous avons des sujets à défendre comme la directive nitrates, le lait, la viande, mais aussi les droits de plantation» poursuit le président. 2013 sera également l’année de reconquête auprès des adhérents. «A nous de recréer le réseau. Soyons solidaires et non solitaires. Lorsqu’on s’installe il ne faut pas rester tout seul sur son exploitation. Sinon, on s’isole, on se referme sur l’extérieur. Les jeunes agriculteurs doivent se remobiliser.» Il fustige, avec Olivier Bayou, l’attitude de l’administration. «Elle casse notre outil de production tout doucement. On diminue les volumes d’irrigation, d’azote, les quotas,... Cela fait 20 ans que l’on fait des efforts, mais ils ne sont pas reconnus.» A l’intonation de leurs propos, on comprend le ras-le-bol. «Il va falloir passer à des actions plus fortes !». Les pouvoirs publics sont prévenus. Au grand regret des JA 17, ni la préfète, ni la DDTM n’ont assisté à leur assemblée. Une absence qu’ils ont fait remarquer à plusieurs reprises, devant les 70 personnes présentes dans la salle du Crédit Agricole.
Si les Jeunes Agriculteurs ne se sentent guère soutenus par les services de l’Etat, Alban Mercier a remercié le Crédit Agricole, la fédération des coops, la FNSEA 17, la MSA des Charentes, Groupama, la Chambre d’agriculture «pour la confiance accordée depuis de nombreuses années.» Une confiance d’autant plus confirmée par les propos d’Alain Minault, président de la caisse du Crédit agricole Charente Maritime Deux-Sèvres. «JA 17 est important pour l’agriculture et pour notre département.» Cependant il reconnaît que «l’agriculture est compliquée, car la déréglementation, sur un certain nombre de productions, redistribue les cartes de façon plus difficiles.» Il préconise, pour un accès au foncier plus facile, «de réinventer quelque chose. Non pas du taux variable, mais peut-être des taux révisables par période de 8-10 ans.»
L’installation personnalisée
Hasard du calendrier ou pas, du 11 au 18 février, Jeunes Agriculteurs National organisait la semaine du renouvellement des générations en agriculture, et en choisissant la thématique de l’installation aidée, JA 17 souhaite «rafraîchir l’esprit des partenaires et des jeunes sur le parcours.» «Beaucoup d’organisations professionnelles agricoles entendent parler du parcours à l’installation mais ne le connaissent pas en terme d’implication, de délai» explique Olivier Bayou, également président du Point Info Installation. «L’installation, c’est le renouvellement de la profession» poursuit-il. L’accès au foncier est toujours «la» problématique pour s’installer. «Mais à cela s’ajoute la rigueur administrative. Et là, le syndicalisme a toute JEUNES AGRICULTEURS 17 Vitalité, pugnacité, passion, envie étaient au rendez-vous lors de l’assemblée générale, vendredi dernier, à Saintes. Fédérer, être force de propositions pour mener le combat syndical sa place pour défendre les projets d’installation. En ces temps d’euphorie économique sur certains secteurs, nous voyons des jeunes se tourner vers le syndicalisme pour des problèmes de bataille avec l’administration : un nouveau combat dans le parcours à l’installation. Il faut aller défendre les différents cas un par un et discuter le bout de gras avec l’administration. Du travail en perspective !» En 2012, 50 jeunes ont bénéficié de l’installation aidée. «Un chiffre encourageant si l’on compare avec nos voisins régionaux. La viticulture et les céréales sont le fer de lance. Nous avons une diversification assez ample» observe Olivier Bayou. Le secrétaire général rappelle que sur le plan national «notre ministre à la volonté d’accompagner 6 000 installations en 2013. Espérons que les financements pour l’installation soient maintenus après une alerte courant 2012 dans le cadre du projet de la loi de finance 2013 où 30% du budget devait être amputé. Les JA se doivent d’être vigilants et de réagir pour défendre l’installation». Avec la présence de la députée Catherine Quéré, à l’assemblée générale, nul doute que le message sera réitéré auprès du ministère de l’Agriculture.
Pour mieux comprendre le déroulé d’une installation aidée, Jeunes Agriculteurs a fait le choix d’inviter les protagonistes autour d’une table ronde : Andrée Lamy, animatrice du Point Info Installation 17, Myriam Simonneau, conseillère projet à la Chambre d’agriculture, Philippe Chatelier, conseiller PDE (plan de développement des exploitations) à la Chambre d’agriculture, Olivier Bayou, siégeant à la commission départementale d’orientation agricole (CDOA), Jean-Baptiste Mariau maître-exploitant. Chacun jouant son rôle et mettant en scène les échanges qu’ils peuvent avoir avec un jeune en cours d’installation : autodiagnostic, plan de professionnalisation personnalisé, plan de développement des exploitations, CDOA, stage chez l’exploitant. S’en est suivi un débat au cours duquel Jérémy Decerle, administrateur JA national souligne toute l’importance de ce dispositif : «il permet de personnaliser son projet et d’en être acteur».Une piqûre de rappel sur le parcours qui démontre le combat «au quotidien» de JA 17. Une dynamique qu’ils souhaitent fédératrice pour reconstituer le réseau départemental des jeunes agriculteurs.
Directive nitrate
«Notre département qui est déjà morcelé de classsements qui se croisent et se contredisent même parfois, devrait voir une extension de la zone vulnérables qui recouvrirait une grande partie du département en étouffant les exploitations avec des mesures technocratiques, incompréhensibles et extrêment coûteuse. A quand un raisonnement de terrain et non de bureau ?»

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Le chiffre de la semaine
444 M€
444 millions d’euros qui avaient été prélevés sur les paiements directs de la PAC, en prévision de la réserve de crise pour 2018, vont être remboursés aux agriculteurs européens, a annoncé la Commission européenne fin novembre.

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