L'Agriculteur Charentais 26 février 2015 à 08h00 | Par Bernard Aumailley

L’agrandissement des élevages est toujours d’actualité

Gwenaël Moreau : Président du groupement CPLB des producteurs de lapins - Cavac

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- © AC

Vous accédez à la présence de ce groupement et êtes éleveur à Saint Jean de Liversay. Est-il toujours aussi difficile de recruter des éleveurs ?
Oui. La conjoncture est tendue. Pour trouver des éleveurs qui créent des élevages de toutes pièces, la rentabilité a besoin d’être bien étudiée avant que de se lancer. Le problème est là. Nous avons du mal à boucler des projets. Côté transmission, nous travaillons sur cet aspect. Nous connaissons ceux qui vont arrêter pour partir à la retraite. Il y a un certain nombre d’élevages qui sont «reprenables», car entretenus bâtiments et matériels, et permettent ainsi d’installer quelqu’un. C’est là, plus facile à faire. 

Les marchés sont-ils aujourd’hui plus porteurs ?
Le prix de l’aliment, dû aux matières premières, reste élevé. Il y a une baisse de consommation régulière depuis un certain nombre d’années. Nous avons du mal à compenser cette augmentation du prix de l’aliment. Surtout si l’on n’est pas techniquement à la pointe, on a des difficultés à assurer une rentabilité. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Il existe des éleveurs qui sont à des niveaux de production correcte et qui font un revenu.

La solution est-elle dans l’agrandissement des exploitations ?
Nous avons réussi des agrandissements l’an dernier à la GPLV, dans la mesure où l’investissement pour l’agrandissement s’amortit sur la globalité de l’élevage. Nous sommes 229 éleveurs qui commercialisent 9 millions de lapins, nous représentons 30 % du marché national. Le montant de remboursement reste acceptable par rapport au chiffre d’affaires global. Les agrandissements ne sont pas non plus démesurés. Un quart de cages-mères en plus. Agrandir veut dire renouveler et restructurer la partie existante, améliorer des parties dans le confort de travail et la compétitivité et la productivité. 

Aujourd’hui, les prix payés sont-ils suffisants ?
Ils ne le sont jamais assez ! L’an dernier nous avions un complément de prix pour combler la hausse des aliments. Mais pas en décembre. Aujourd’hui, il est de 5 centimes. Les abattoirs ont consenti à faire un complément de prix même si ce secteur reste compliqué. Le prix Rungis reste élevé, mais il sert de références. Les fournisseurs d’aliments ont consenti à aider la filière. Bon an mal an, cela pourrait aller, mais c’est très tendu. Mais si un de ces trois artifices saute, cela devient difficile.

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Le chiffre de la semaine
- 10 %
Malgré une superficie de culture de pommes de terre en hausse de 5 000 hectares en France cette année, la production a reculé de 9,6%, à 5,85 millions de tonnes, contre 6, 47 millions l’an dernier La production a fortement baissé en Picardie (-10,6%), dans le Nord Pas de Calais (-11,6%), en Alsace (-19,9%) et surtout en Haute Normandie (-25,9%). Ces chiffres concernent la pomme de terre dite de conservation, c’est-et pomme de terre industrielle.

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