L'Agriculteur Charentais 27 octobre 2016 à 08h00 | Par Bernard Aumailley

L'histoire agricole en marche

Parcourir l'évolution d'un secteur, l'agriculture, sur un département, la Charente-Maritime, sur un siècle, le XXIème. Le tout dans un livre référence.

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les auteurs : Robert Auvray, Jean Baronnet, Gilles Bernard, Jean-Pierre Bodin, Anne Marie Bonnin, Joël Bonnin, Bernard Bouju, Guy Canon, Marc Commenge, Robert Cosseau, Michel Coutelle, Bernard Aumailley, Léon Damour, André Delphin, Georges Forestié, Jacques Maroteix, Maurice Mathieu, Sandra Menenteau, Michel Métais, Frank Nadaud, Jean-Pierre Secq.
les auteurs : Robert Auvray, Jean Baronnet, Gilles Bernard, Jean-Pierre Bodin, Anne Marie Bonnin, Joël Bonnin, Bernard Bouju, Guy Canon, Marc Commenge, Robert Cosseau, Michel Coutelle, Bernard Aumailley, Léon Damour, André Delphin, Georges Forestié, Jacques Maroteix, Maurice Mathieu, Sandra Menenteau, Michel Métais, Frank Nadaud, Jean-Pierre Secq. - © AC

L'entreprise avait déjà été réalisée pour les trois autres départements de feu-Poitou Charentes. Pour point de départ, la fondation Xavier Bernard se donne de poser des jalons pour la recherche en ruralité et en agriculture sur la base de l'histoire passée récente. On pourrait croire la chose aisée s'il ne fallait batailler contre le désir d'oubli, «car les protagonistes sont encore là» ; comme si ces périodes proches étaient sous cloche car leurs artisans n'avaient ni consigné, ni raconté, ni protégé leur documentation. Comme si la relecture des événements, de l'enchaînement des causes, des conséquences, des choix, des orientations se devaient de laisser accumuler la poussière des ans, voire des siècles pour devenir utilisable aux historiens. Course de vitesse contre la mémoire qui défaille, parce que certains sont prompts à jeter toutes traces, à ne croire que le passé n'a pas leçons pour le présent, graines pour l'avenir. Restructurations, déménagements, disparitions des acteurs gomment le calendrier passé, dates, repères, négociations, palabres et réalisations. Qui se souvient des tentatives de la poule Vedette ou de la betterave ?
Faisant fi de ces réticences, sol-    licitant les «acteurs»  de ces périodes, pourtant peu avares de récits, de précisions, d'anecdotes, le quatrième tome de l'histoire de l'agriculture au XXIème siècle est paru avec le volet consacré à la Charente-Maritime. Michel Coutelle, ancien directeur de la Chambre régionale, en est le principal coordinateur. Autour de lui, 19 «signatures», observateurs de la chose «agricole et rurale» du département, consignateurs des virages, des tendances, des orientations. Faut-il dire comme l'historien Maurice Mathieu penser que les choix de Dullin influencèrent pour des décennies l'agriculture départementale ? Remonter aux acteurs du développement agricole de 1957 pour expliquer le biais pris dans les marais, comme le fait Léon-Louis Damour où il explicite le parcours du siècle, du progressif abandon des années 50 à celui de l'émergence d'une gestion concertée pour une «viabilité économique.» Comme en miroir, il faut lire la contribution de Michel Métais (ex-LPO) dont la présence dans ce livre montre le «virage» des années 90 : celui de l'environnement et de «l'occupation et l'utilisation des espaces naturels comme préalable de l'action locale.» Survolant le siècle, on «comprend» mieux les enjeux oléronais ou rétais. Ce trajet dans le temps lorsqu'il s'agit des laiteries montre comment les crises marquent, saignent, déstabilisent. La mondialisation vient s'échouer sur le berceau des coops. Les témoins que sont André Boutteaud, Lucien Menet, Henri Ferru ou André Chaigne. C'est durant ce siècle que «naît» le pineau (1935 officiellement). Le géographe-historien Gilles Bernard le prend à témoin pour apprécier l'évolution du vignoble charentais maritime et de cette «production annexe.» Tout comme le parcours dans la diversification que propose Bernard Bouju. Cette agriculture-là est faite d'hommes et de femmes que les groupements de développement, les syndicalistes accompagnèrent. C'est aussi un «jalon» de ce livre. Michel Coutelle s'interroge : «aujourd'hui, les agriculteurs, les jeunes ne savent plus comment s'est opérée la mutation du monde agricole charentais-maritime. C'est nécessaire d'avoir planté ces drapeaux dans l'histoire, ces balises.» L'historienne Sandra Menenteau a tout mis en ordre, répertorié sources et pistes, travaux et témoignages. L'idée est d'inciter les universitaires et leurs apprentis à se pencher sur cette histoire immédiate.


«L'agriculture en Charente-Maritime au XXième siècle» guide et jalons pour la recherche. Fondation Xavier Bernard. Disponible à l'Agriculteur Charentais sur demande. 16 EUR+ port.

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Le chiffre de la semaine
2 000
En Nouvelle Aquitaine, 2 000 éleveurs seraient impactés par la réforme de la carte des zones défavorisées en ne bénéficiant plus de l’ICHN, ce qui représenterait pour ces exploitations, une perte nette de 15 ME par an. En 2016, 11 500 éleveurs ont bénéficié de cette indemnité pour un montant total de 92 ME. Ils représentent plus de 20 % des bénéficiaires.

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