L'Agriculteur Charentais 14 novembre 2013 à 08h00 | Par Christelle Picaud

Lait - La France compte d’irréductibles producteurs de lait

La CEA organisait mercredi 6 novembre une journée d’échanges autour de la production de lait de vache.

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- © Agri 79

Un tiers des 500 adhérents de la CEA, coopérative de Loulay, sont des producteurs de lait. Mercredi 6 novembre l’outil économique, en contrat avec ces polyculteurs éleveurs, proposait à chacun de participer à une journée de réflexion dédiée à la production laitière. Entre l’Aunis et la Saintonge du nord, les terres jadis dédiées à la vigne ont de longues années durant été le support d’un élevage laitier dynamique. Le potentiel céréalier des surfaces cultivables révélé, la filière laitière qui connaît des heures difficiles, perd ici de son emprise. Dans la salle des fêtes de Vernoux-Sur-Boutonne, les équipes de la CEA ont essayé, via le témoignage de Philippe Deru, de sortir leurs adhérents de ce lourd présent. Comme eux assurément, ce gérant de la SCL Novalait (Haute-Marne) a bien du mal aujourd’hui à équilibrer les comptes de son élevage. Pourtant, il ne regrette pas cet investissement de 1,8 million d’euros réalisé il y a trois ans. Il porte son regard sur l’avenir. «Je fais le pari que bientôt les industriels laitiers manqueront de lait. Alors, ils seront prêts à mettre le prix pour que les éleveurs produisent». En regroupant la production de deux exploitations aujourd’hui associées de la SCL, les exploitants ont maintenu sur le territoire la valeur ajoutée liée à l’activité d’élevage. Un bâtiment de 275 places en toit d’usine est sorti de terre. Il est équipé d’un Tapis Interlock en allée de circulation avec racleur, de caillebotis et d’une roto 20/24 postes. Les animaux sont en logettes, l’alimentation est automatisée. Le travail est réalisé par une main d’œuvre salariée. «Le seuil de rentabilité est à 2,5 millions de litres produits par an. Nous espérons y être au cours de la campagne prochaine. A moyen terme, avec une extension de la structure, notre objectif est de compter 375 vaches en production». Philippe Deru fait parti de ces producteurs qui croient en l’avenir de la production de lait.  En attendant, il en convient, il faut tenir. La performance technico-économique est et sera l’une des clefs qui ouvrira aux éleveurs une porte sur l’avenir. Pour les aider sur cette voie, la CEA au cours de l’après-midi de cette journée d’échanges proposait une intervention sur la production du maïs fourrage. Au cœur de cette zone de polyculture élevage, les éleveurs ont tendance à mettre en terre du maïs grains. Les quantités nécessaires à l’élevage transformées en ensilage, le surplus est valorisé en grain. «La firme LG nous a expliqué en quoi cette stratégie est coûteuse pour l’élevage. Elle conduit souvent à un coût de ration important», expliquent les techniciens.

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La Turquie importe, notamment de la viande bovine (80 % sous forme de bovins maigres et 20 % en bovins finis) pour combler ses besoins sur le marché intérieur. Le pays se place ainsi au 2ème rang mondial des importateurs de bovins, juste derrière l’Union européenne (dans son ensemble). Mais la récente dévaluation de la livre turque fait ralentir ces importations. La France fournissait jusqu’ici 50 000 bovins par an, dont 20 900 broutards (partiellement issus de Poitou-Charentes).

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