L'Agriculteur Charentais 22 janvier 2015 à 08h00 | Par CR

Le gouvernement met le turbo pour réduire l’usage des pesticides

Les actes publics pour réduire l’utilisation des produits phytosanitaires se multiplient. Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle, a présenté le rapport parlementaire Ecophyto 2 qui vise à réduire de 50% l’usage des pesticides à l’horizon 2025. Un rapport qui suit des décisions parfois radicales. Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, a interdit l’épandage aérien des pesticides en septembre 2014. Plus encore : le moratoire européen qui interdit trois néonicotinoïdes en Europe doit prendre fin mi-2015. Le président de la République François Hollande a affirmé, lors de la Conférence environnementale de novembre, qu’il faudra «aller plus loin». Le Sénat français doit d’ailleurs se prononcer le 4 février sur une résolution pour interdire tous les néonicotinoïdes en Europe.

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- © G. OMNES

«L’objectif de -50% d’utilisation de pesticides à horizon 2025 vaut plus que jamais car il y a des quasi-certitudes établies en matière de santé publique», a affirmé Dominique Potier, député de Meurthe-et-Moselle, qui présentait la proposition de plan Ecophyto 2 à Paris, le 7 janvier. Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, devrait donner son avis sur cette proposition fin janvier lors du Comité national d’orientation et de suivi (Cnos) qui se tiendra à Paris. «Connaissant le ministre, l’architecture finale de la version 2 sera prête dans le 1er trimestre 2015», confie le député. Par ailleurs, les parties prenantes se réuniront la semaine du 14 janvier pour discuter du rapport avant le Cnos.
Démocratiser les démarches pionnièresFace à l’échec du plan Ecophyto 1 (voir encadré), «il s’agit du plan de la 2e chance, la dernière avant des stratégies plus dures», soutient le député également agriculteur en Meurthe-et-Moselle. 68 recommandations ont été retenues par les parlementaires (voir encadré). Parmi elles, le déploiement massif du réseau Dephy de fermes qui expérimentent dans les champs la baisse de l’utilisation des pesticides. «Nous visons les 3 000 fermes (contre 1 900 actuellement, ndlr)», rappelle le député. Mais l’objectif est aussi de dépasser le stade des fermes pilotes. D’où la proposition d’engager 30 000 fermes dans la démarche agroécologique. L’ambition est bien de gagner en échelle : les pionniers n’assureront pas seuls la diminution globale de l’utilisation des pesticides en agriculture. Pour accompagner ce déploiement, les parlementaires tablent sur une augmentation des financements du plan. Ils proposent d’élargir la contribution de la Redevance pollution diffuse «au minimum à 100 millions d’euros» contre 41 millions d’euros jusque-là. 
Des interdictions décomplexéesIl n’y a pas que le rapport Potier et Ecophyto 2. La diminution de l’utilisation des pesticides à grande échelle est déjà en marche. Avec des décisions à la clé. Ségolène Royal, ministre de l’Ecologie, a ouvert le bal et le revendique : «Depuis mon arrivée, j’ai pris la décision d’interdire l’épandage aérien de pesticides et amendements dans la loi de transition énergétique qui interdit tout retour en arrière». Le 23 décembre, elle rappelait aussi l’avancement de la mise en application de la loi Labbé. Elle prévoit l’interdiction totale des pesticides avancée à 2016 pour les collectivités et à 2020 pour les particuliers.

Lire l 'ensemble du dossier consacré au plan Ecophyto : nouvelles dispositions/débats/réactions

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Le chiffre de la semaine
36,1 Mt
Il s’agit de la quantité de blé tendre attendue à l’issue de la moisson 2018, proche de celle de l’an dernier et légèrement supérieure à la moyenne de la période 2013/2017. Le blé dur, en revanche devrait voir sa production baisser de 12,2 %, en raison d’un rendement passant de 55,9 à 51,8 qx et d’une baisse des surfaces cultivées.

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