L'Agriculteur Charentais 15 mai 2015 à 08h00 | Par B.A.

Les coopératives sont-elles des entreprises comme les autres ?

Elles participent à l’économie et se jettent aussi dans la concurrence. Pareilles mais différentes.

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Elles ont «leur» spécificité qu’il y a quelques années, elles ont défendue. Notamment en matière fiscale au niveau européen. Mais ceux qui tiennent la barre sont aussi les actionnaires. C’est le principe même des coopératives. Selon François Poirson, directeur régional de Coop de France, c’est unique : les actionnaires, ses adhérents, sont à la fois des apporteurs et des clients-acheteurs. « La coopérative est soumise aux mêmes règles que les autres entreprises, mais ce n’est pas une entreprise comme une autre.» Un avantage, que la révision des dernières années n’a pas changé. «La fiscalité admise aujourd’hui n’est qu’une contrepartie face aux contraintes qui s’appliquent aux coopératives : un territoire bien défini, un périmètre conscrit à ses adhérents, l’apport de la production des adhérents, etc.» Coordinateur des actions de Coop de France dans la région, il admet que la «stratégie», «la gouvernance» des coops est entièrement du «ressort» des conseils d’administration et des cadres. «Dans cet ancrage au terroir, ils doivent trouver un avantage concurrentiel pour mettre en valeur les productions de ce territoire. Le lien au marché est différent: il y a une obligation de résultat vis-à-vis des adhérents et de ce même territoire.» La gouvernance coopérative est donc au cœur de ce «particularisme» économique. Dans « un équilibre des pouvoirs entre conseil d’administration et personnel opérationnel» cela est original et plus enrichissant. «Le dirigeant opérationnel peut s’appuyer sur le conseil d’administration. Ce n’est pas le cas dans les autres entreprises. Il y a des modes de décisions, d’accompagnement particulier. C’est aussi un avantage.» Dans l’univers concurrentiel, il se garde de comparer avec les négociants : «on peut comparer des activités, mais pas forcément la finalité. Il y a beaucoup de différences dans l’exercice de l’activité.»Un processus qui ralentirait la mécanique décisionnelle ? Pas vraiment selon lui. «C’est un peu vrai, mais les décisions sont mûries et prises dans la stratégie du long terme. Cela assure une stabilité de la gouvernance. Il n’y a pas la dictature du résultat boursier, par exemple.» Ces arcannes obèrent peut-être les choix. Selon lui, «le risque est inhérent à l’activité économique, pas à la gouvernance.» Le décalage dans la perception des adhérents de la stratégie suscite pour lui des interrogations. «Certains ne perçoivent pas bien la nécessité de renforcer les fonds propres ou la gestion des risques en interne, par exemples.» Mais la différence avec les autres entreprises n’est pas significative. «Le vrai risque dans les coops reste l’immobilisme» poursuit-il, dans la perpétuation du «système qui marche.» « Sauf que dans les coops, la réactivité est parfois plus lente et modifie la gouvernance.» Un immobilisme qu’il range dans le placard du passé.


Lire la suite dans l'édition du 15 mai 2015

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