L'Agriculteur Charentais 18 avril 2013 à 15h23 | Par Bernard AUMAILLEY

Manifestation auprès des grandes surfaces - Pour qui prend-on les agriculteurs ?

Les agriculteurs de la FNSEA 17 et JA 17 ont mené vendredi dernier une opération visant des grandes surfaces dans le département. Ils ont bloqué en France les entrées, déversé chariots, paille et lisier pour protester contre des prix d’achat trop bas. Côté Gouvernement, on plaide pour que les prix payés aux producteurs augmentent.

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Action nocturne le 12 avril.
Action nocturne le 12 avril. - © A-C

12avril. Sitôt le conseil d’administration de la FNSEA 17 clos, les syndicalistes agricoles du département auxquels étaient venus prêter main-forte bon nombre de jeunes agriculteurs de JA 17 sont passés à l’action. Leur protestation s’est traduite par quelques opérations ciblées auprès des grandes surfaces saintaises et surgèriennes. Devant l’impossibilité de répercuter sur leurs prix de vente, ils dénonçaient ainsi «le monopole de la grande distribution. »


Selon la FNSEA ce ne sont pas moins de 15 000 éleveurs qui sont descendus dans la rue ce 12 avril pour défendre la «cause nationale» qu’est l’élevage français et éviter de «finir sur la paille». «Nous ne ferons de cadeaux à personne pour gagner la bataille de l'élevage en France !», a lancé le président de la FNSEA Xavier Beulin à Feurs (Loire) devant un millier de manifestants. «Nous ne voulons pas être les victimes de la guerre des prix à laquelle se livrent les enseignes de la grande distribution et qui nous appauvrit », a-t-il ajouté, évoquant des négociations particulièrement difficiles avec l'enseigne Leclerc.

- © A-C

Partout en France


À Lyon, cloches à la main, les éleveurs savoyards ont rejoint leurs collègues venus de toute la région Rhône-Alpes. De 150 à 200 éleveurs bretons avaient bruyamment manifesté tôt le même jour devant la préfecture à Rennes pour «réveiller» les autorités, tapant sur des bidons de lait et déployant une banderole : «On nous saigne comme des gorets». «On ne demande pas des milliers, on demande 3 centimes», a revendiqué à Lille le président de la FDSEA Nord, Éric Tasine, accompagné d'une centaine d'agriculteurs. Entre 140 et 200 agriculteurs ont eux aussi manifesté à Besançon, déversant des dizaines de chariots de supermarchés devant la préfecture. À Cahors, 200 à 300 agriculteurs ont défilé, accompagnés de vaches et de brebis. À Dijon, suivi par une centaine de manifestants, le président de la FDSEA de Côte-d'Or, Fabrice Faivre, compte sur le département, depuis janvier, «8 cessations d'activité prévues sur 270 ». Une centaine d'agriculteurs du Bas-Rhin se sont retrouvés devant un hypermarché de l'agglomération strasbourgeoise, afin de distribuer du lait aux clients… Pour l’éleveur Aveyronnais et secrétaire général de la FNSEA, Dominique Barrau, la situation de l’élevage n’est plus tenable. Il fait part de son inquiétude à la presse : «on a atteint les limites du métier passion à cause du revenu. Beaucoup ne veulent plus les astreintes du métier d’éleveur.» En effet, l’élevage décroche : depuis deux ans on dénombre près de 80 000 bovins en moins. La plus grande crainte de Dominique Barrau c’est que les jeunes agriculteurs n’aient plus envie de s’installer dans l’élevage. «Il faut redonner un prix pour avoir du revenu», affirme-t-il.

Urgence pour le lait


Pour la FNSEA, il faut d’abord parer au plus urgent et s’occuper, entre autres, du lait. Une réunion de la filière s’est déroulée au ministère de l’Agriculture le 8 avril. Xavier Beulin, le président du syndicat majoritaire préconise toujours une hausse de deux à trois centimes sur le prix du lait. «Comme la volaille, le porc et la viande bovine, le lait pourrait faire partie des accords du 3 mai», indique-t-il. Mais des efforts restent à faire du côté des distributeurs. Et là-dessus Xavier Beulin ne compte pas lâcher la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD). «Ils doivent accepter une hausse sur tous les produits laitiers. »

CVO, PAC et environnement


Autre sujet de préoccupation du syndicat : le fonds de modernisation céréaliers éleveurs. Celui-ci doit se mettre en place dès que le principe de la cotisation volontaire obligatoire (CVO) sera rendu légale par la cour européenne. «La relation végétale-animale ce n’est pas du flan», a assuré Xavier Beulin. Concernant la Pac, le président du syndicat a avoué «être en froid» avec le ministre de l’Agriculture sur ce sujet. Selon lui, Stéphane Le Foll veut résoudre le problème d’iniquité entre les filières par la Pac, or, «la Pac est faite pour les accompagner» selon le président de centrale agricole. Sur la Loi de modernisation de l’Agriculture (LMA) qui devrait voir le jour d’ici la fin de l’année. Parmi les revendications de la FNSEA, la simplification et l’arrêt de l’empilement des normes environnementales restent des sujets majeurs. «La surenchère fiscale et réglementaire n’est plus tenable et nuit à notre compétitivité», conclut Xavier Beulin. Les Jeunes Agriculteurs 17 ont aussi rencontré Suzanne Tallard, députée pour leur faire part de leurs inquiétudes. De son côté, la FNSEA 17 a envoyé le cahier de doléances «cause natioanle» auprès de tous les parlementaires de la Charente- Maritime.

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