L'Agriculteur Charentais 16 janvier 2014 à 08h00 | Par l'Agriculteur Charentais

Manifestation - Notre avenir de producteur est en jeu, notre métier, c’est de nourrir les hommes

Le président de la FNSEA 17, François Avrard, appelle à la mobilisation, pour s’opposer aux propositions du 5ème programme d’action de la directive nitrates.

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- © AC

Pourquoi, François Avrard,  vous êtes le président FNSEA 17 appelez-vous à manifester lundi à Rochefort ?
Une importante réunion régionale doit se tenir le 21 janvier à Poitiers pour arrêter le cadre du 5ème programme d’action de la directive nitrates et les propositions qui nous sont soumises par la DRAAF-DREAL sont inacceptables, tout particulièrement pour la Charente-Maritime. Depuis plus d’un an, des discussions ont été engagées au sein du «comité de concertation» régional et nos demandes restent «lettre morte». En fait de concertation, nous avons face à nous un rouleau compresseur d’une administration régionale qui veut passer en force. Car la particularité de ce 5ème programme, c’est qu’il se discute sur un plan régional (et non plus départemental) à partir d’un cadre national.

Que dénoncez-vous principalement ?
Plusieurs choses : l’extension des zones vulnérables, le classement de notre département en zone Ouest et le durcissement du calendrier d’épandage qui va avec, enfin la non prise en compte de nos pratiques agronomiques.Sous le prétexte de contentieux européen, 76 nouvelles communes sont classées en zone vulnérable en Charente-Maritime. Des recours devant les tribunaux administratifs sont engagés par la FNSEA contre ces extensions car nous contestons la méthode utilisée. Les efforts des agriculteurs ne sont jamais pris en compte.La «zone ouest» est aussi un nouveau concept que nous impose le Ministère de l’environnement. Nous sommes assimilés aux zones de l’Ouest comme la Bretagne et les Pays de la Loire. Tout le monde connaît pourtant la situation de notre élevage : faible densité et forte déprise en particulier dans le secteur laitier. En l’état actuel, notre département serait classé en totalité en zone ouest, et la conséquence sera l’impossibilité d’épandre les effluents de type II (lisiers, fientes) du 1er juillet au 31 janvier. Dans un contexte déjà «compliqué» pour l’élevage, l’augmentation des capacités de stockage à 7 mois minimum va conduire bon nombre d’éleveurs, laitiers en particulier, à remettre en cause leur activité. Nous dénonçons la duplicité de l’administration régionale qui clame pourtant vouloir préserver à tout prix les éleveurs mais qui ne manque pas de leur imposer des contraintes supplémentaires. Nous nous battons depuis plusieurs années pour faire reconnaître les contraintes agronomiques de nos sols et une adaptation des pratiques. Cela avait conduit à mettre en place dans le 4ème programme qui s’achève des aménagements pour la couverture des sols admis par tous. Ces règles sont aujourd’hui remises en cause : les CIPAN seraient obligatoires pour toutes les terres jusqu’à 45% de taux d’argile (au lieu de 35% actuellement). Les dates de destruction de ces couverts seraient au plus tôt au 15 novembre à moins de 35% d’argile et au 15 octobre entre 35 et 45% ! Cela est d’autant plus absurde que nos voisins des Pays de la Loire auront des règles moins contraignantes. Quand il s’agit de durcir, nous ne sommes plus en zone Ouest, nous sommes encore plus à l’Ouest...Bien d’autres points du nouveau programme proposé par la DRAAF-DREAL ne nous conviennent pas, j’en citerai un dernier pour situer le niveau : des analyses de reliquat d’azote annuelles tous les 10 ha, ubuesque !

Quelles sont vos demandes?
D’abord, l’envoi d’un signal fort : nous ne voulons plus être les «têtes de turcs» de l’environnement et nous ne pouvons plus supporter de nous voir imposer des règles toujours plus draconiennes ! La qualité de l’eau est un enjeu de société, nous sommes d’accord, et nous adaptons en permanence et depuis longtemps nos pratiques. Nous attendons aussi au minimum plusieurs avancées incontournables de la part de la DRAAF et la DREAL : - l’exclusion du marais de Rochefort de la zone Ouest : ce sont des zones qui viennent tout juste d’être intégrées aux zones vulnérables, qui ne présentent pas de problèmes majeurs de qualité d’eau et ou existe un fort engagement des éleveurs pour la réduction de fertilisation (MAE).- l’alignement des règles de définition des taux d’argile sur celles des Pays de la Loire et pas de justification de la teneur en argile dans les zones MAEt marais. Cette exigence est totalement en phase avec de bonnes pratiques sur ces zones «agronomiquement» sensibles.- un maximum de 3 analyses de reliquat d’azote par exploitation- une disposition écrite prévoyant pour les éleveurs concernés une dérogation les exonérant d’avoir à augmenter leurs capacités de stockage du fait du durcissement du calendrier d’épandage. Rien ne justifie dans le contexte de déprise actuelle de l’élevage de nous voir appliquer des règles «bretonnes». Il y va de l’avenir de l’élevage dans notre département.Il n’y aurait rien de pire demain qu’une réglementation ab-surde, incomprise et injustifiée en terme d’environnement. Tout simplement, elle ne serait pas appliquée !

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