L'Agriculteur Charentais 23 mars 2017 à 08h00 | Par Bernard Aumailley

Mildiou, Oïdium, pourriture grise : Limiter les risques de résistances

Prophylaxie et qualité de pulvérisation, une nécessité pour améliorer la stratégie de protection du vignoble.

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- © New Holland

En janvier dernier, sortait une note technique sur la gestion de la résistance 2017. Note annuelle, qui replace la «stratégie» préventive. Les résistances ne font plus qu’apparaître, elles sont une réalité. «Les recommandations de la note se basent d’une part sur la connaissance du statut des résistances dans les populations (fréquence des résistances, vignobles concernés, pertes d’efficacité éventuelle observées dans les essais) et d’autre part sur la connaissance des mécanismes de résistance et les caractéristiques des souches résistantes (niveau de résistance, spectre de résistance croisée notamment).» Ces préconisations viennent d’un plan de surveillance de la résistance aux produits phytosanitaires et d’un grand nombre d’observateurs-techniciens du monde viticole. Mildiou, oïdium et pourriture grise font donc l’objet d’une attention toute particulière. Dans les préconisations (voir sur notre site internet www.agriculteur-charentais.fr) «il s’agit de limiter, voire stopper la progression d’une résistance récemment détectée, ou optimiser l’efficacité au terrain des modes d’action pour les résistances établies.»

Lire la suite dans notre édition papier du 17 mars

Des mesures prophylactiques

- La limitation de la vigueur par le raisonnement, dès l'implantation de la vigne, du choix d’un porte-greffe adapté, et éventuellement du cépage et du clone. Sur une vigne en production, la vigueur peut se maîtriser par la diminution des apports (notamment azotés) et par l’enherbement permanent (spontané ou maîtrisé) : en fonction des possibilités techniques et de la diminution de vigueur recherchée, la largeur de la bande enherbée pourra être modulée.
- Des rognages raisonnés pour éliminer la jeune végétation (très sensible au mildiou) et permettre une meilleure pénétration de la bouillie lors de la pulvérisation, améliorant ainsi l'efficacité de la protection.
En ce qui concerne plus spécifiquement le mildiou, il convient en outre :
- d’éviter la formation de mouillères en favorisant l’élimination des excès d’eau,
- d’éliminer tous les rejets (pampres à la base des souches, plantules issues de la germination de pépins,…) qui favorisent l'installation des foyers primaires de mildiou et participent au démarrage précoce de l'épidémie.
En ce qui concerne plus spécifiquement la pourriture grise, la prophylaxie doit s’appliquer, quel que soit le risque parcellaire.
En cas de risque faible, la prophylaxie rend souvent inutile l’application de traitements. Il convient de :
- bien aérer les grappes par une taille et un mode de palissage qui assurent une répartition homogène des grappes. L’ébourgeonnage, le rognage, l’effeuillage et, éventuellement, l’éclaircissage permettent d’éviter l’entassement de la végétation,
- limiter les blessures des baies par une maîtrise correcte des vers de la grappe et de l’oïdium lors de fortes pressions afin de diminuer les portes d’entrée du champignon dans les baies,
- limiter les blessures engendrées lors des opérations d’effeuillage en effectuant les réglages adéquats du matériel utilisé.

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32,4 ME Mt
En 2017, en Nouvelle-Aquitaine, 1 815 projets ont ainsi été soutenus dans le cadre du Plan de compétitivité et d’adaptation des exploitations agricoles (PCAE), pour un montant global de 32,4 ME (Région, État, Europe, Agence de l’eau…). Ce plan, harmonisé en 2017 à l’échelle des trois ex-régions, déploie désormais un «panier» de dix dispositifs distincts et complémentaires, sous forme d’appels à projets annuels, afin d'’accompagner les agriculteurs au plus près de leurs besoins.

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