L'Agriculteur Charentais 27 août 2015 à 08h00 | Par Bernard Aumailley

Montée sur Paris : Mobiliser en masse pour obtenir plus

Xavier Beulin, président de la FNSEA a rencontré François Hollande. Débriefing.

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À la sortie de l'Elysée, ce 24 août 2015, après l'entrevue avec le Président de la République. De gauche à droite : Thomas Diemer, président de JA, Xavier Beulin, président de la FNSEA et Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA.
À la sortie de l'Elysée, ce 24 août 2015, après l'entrevue avec le Président de la République. De gauche à droite : Thomas Diemer, président de JA, Xavier Beulin, président de la FNSEA et Dominique Barrau, secrétaire général de la FNSEA. - © actuagri

Alors que les agriculteurs ont manifesté, tout l’été, pour alerter les pouvoirs publics sur la situation catastrophique de l’élevage, mais aussi de l’agriculture française dans sa globalité, la FNSEA présente ses propositions pour sortir rapidement et durablement le secteur de la crise. Xavier Beulin, président de la FNSEA, revient sur ces demandes qu’il a également adressées au Président de la République et au Premier ministre lors d’un rendez-vous à l’Elysée, le 24 août. «Nous avons tout d’abord voulu exprimer la situation de nos collègues paysans sur le terrain, et la grande souffrance vécue par les producteurs» synthétise Xavier Beulin, «cette crise qui pouvait être apparentée à une crise conjoncturelle au début de l’été, avec les problèmes sur les prix, se révèle en réalité une crise beaucoup plus profonde, structurelle et morale, avec une Europe qui s’occupe de moins en moins des problèmes agricoles, notamment en ce qui concerne l’embargo russe, et une situation en France où les réponses de court terme ne sont plus adaptées à ce que nous vivons.»
Demandant des «réponses significatives» et des mesures supplémentaires par rapport au plan d’urgence, dans des allégements des charges, des exonérations de cotisations sociales, sur la TFNB, et des aménagements de dettes, des  rééchelonnements ou «pourquoi pas, pour certains, une année blanche», le président de la FNSEA souhaite une réactivité immédiate. Attendant des diagnostics de la sécheresse dans la semaine, mais il souhaite que soient mis en œuvre divers moyens d’adaptation. Il va plus loin : «sur le fond, il nous faut en effet des mesures structurelles. Nous attendons un engagement ferme du Gouvernement sur le sujet de la compétitivité agricole et agroalimentaire. Sur le dossier des contraintes, des normes et de la réglementation, j’ai fait une demande de moratoire pour que dans l’année qui vient, toute proposition dans ce domaine soit suspendue.» L’entrevue avec le Président de la République et le Premier ministre a abouti : le Gouvernement devrait faire des propositions le 3 septembre. Jour prévu de la manifestation à Paris. Les interlocuteurs de Xavier Beulin se seraient engagés à annoncer des mesures pour venir en aide aux filières d’élevage. Syndicalistes et pouvoirs publics semblent par ailleurs d'accord sur la position à défendre lors du conseil des ministres de l'agriculture d'Europe le 7 septembre. Sur les mesures françaises Xavier Beulin a demandé des rallonges à celles de Juillet pour le court terme ainsi qu'un moratoire pour 2016 sur toute norme et réglementation nouvelle. Selon le syndicaliste il faut également mettre en place les conditions pour que les filières agricoles puissent combler leur déficit d'investissement qu'il évalue à 3 milliards d'euros : «nous voulons également réviser la fiscalité pour que soient prises en compte les fluctuations économiques, pour non pas s’affranchir de l’impôt, mais permettre une pondération interannuelle. Concrètement, il s’agit de permettre à l’agriculteur qui dégage un revenu une bonne année de mettre de côté en prévision d’une année où le résultat sera plus contraint. »

L’économie à parité
Le président de la FNSEA estime que l’élevage a besoin de «modernisation» et «d’investissement», de «rénovation» et de «mises aux normes. » Il veut tirer les ficelles de la BPI, des conseils régionaux qui gèrent le deuxième pilier de la PAC, «dans une recherche d’efficacité.» Selon lui, «il faut réfléchir à de nouvelles formes de financement et de portage de ces investissements.  Car aujourd’hui, un éleveur qui investit dans un bâtiment, un cheptel ou autre, ne le fait pas pour cinq ans mais pour 20, 25, 30 ans. Quand on décompose l’investissement tout au long de la chaîne alimentaire, le producteur investit jusqu’à trois ou quatre fois plus que les autres maillons. Et quand on sait que r 100 € de valeur alimentaire, le paysan n’en récupère que 8 €, on constate un vrai déséquilibre.» Alors durant la semaine à venir, le travail sera commun, Gouvernement-FNSEA, «pour faire avancer ces dossiers.»  Il est possible que s’ouvre le CICE aux agriculteurs. Autre perspective, une autre manifestation prévue à Bruxelles, le 7 avec d’autres agriculteurs européens. Il réclame de nouvelles conditions de stockage et l’activation de certains dispositifs de crise de la PAC.

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