L'Agriculteur Charentais 24 juillet 2014 à 08h00 | Par Fabienne Lebon

Objectif : former des tailleurs de vigne locaux

Trouver des ouvriers viticoles formés à la taille devient de plus en plus compliqué. La Draaf tente d’y remédier.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
Amaury Firino-Martell : « Pour assurer la taille de notre vignoble, je préfère miser sur l’humain, plutôt que sur la mécanisation ».
Amaury Firino-Martell : « Pour assurer la taille de notre vignoble, je préfère miser sur l’humain, plutôt que sur la mécanisation ». - © F. Lebon

De l’aveu même des viticulteurs employeurs de main-d’œuvre, la taille de la vigne n’est pas une tâche comme les autres. «Moi, je demande à mes ouvriers viticoles de réfléchir avant de donner un coup de sécateur. Il n’y a pas deux pieds de vignes qui se ressemblent. Il faut donc analyser là où la coupe sera la plus efficace dans l’objectif d’un rendement futur optimum» explique Amaury Firino-Martell, 29 ans, chef de culture pour le compte de plusieurs propriétés (146 hectares répartis entre Cognac, Bourg-Charente, Saint-Brice et Archiac). Sur les dix ouvriers viticoles capables de tailler, «un seul a été formé en interne», note Amaury Firino-Martell. «Pour moi, un bon tailleur, c’est quelqu’un qui n’a pas peur de rester dehors et qui acceptera les conditions climatiques de novembre à mars. C’est quelqu’un de posé et réfléchi, qui sait analyser et anticiper à N +1. C’est quel­qu’un, enfin, qui sait travailler en équipe», décrit le jeune viticulteur, qui sent poindre des problèmes de recrutement dans la région délimitée. «Pour l’instant, on arrive encore à trouver de bons tailleurs grâce, entre autres, au bouche à oreille, mais s’il faut se résoudre dans les années qui viennent à recruter des ouvriers qualifiés ailleurs, dans une autre région viticole, je n’hésiterais pas».

Un vivier de tailleurs

Avant d’en arriver là, la Direction régionale de l’agriculture et de la forêt de Poitou-Charentes compte, elle, trouver des solutions locales. L’administration régionale agricole a commencé à se saisir de ce dossier de manque de main-d’œuvre qualifié dans la taille, à l’automne 2013. «On s’est rendu compte d’un paradoxe entre les plaintes provenant des viticulteurs devant ce déficit d’ouvriers formés et les services de Pôle Emploi à Cognac et Jonzac qui, eux, se disaient peu sollicités pour accompagner les entreprises viticoles dans leur recrutement de tailleurs», relève Michel Ruquet, responsable de la Mission Emploi à la Draaf de Poitiers. L’organisme s’est appuyé sur des syndicats et associations viticoles pour constituer un vivier de tailleurs. «Sur les 27 offres collectées, 94 mises en relation ont été assurées par les services de Pôle Emploi ou de l’Adefa de Charente. Seuls trois postes n’ont pas été pourvus» détaille Michel Ruquet.

Lire la suite dans l'édition du 25 juillet 2014.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. l'Agriculteur Charentais se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Les ARTICLES LES PLUS...

Voir tous

Le chiffre de la semaine
50 000
La Turquie importe, notamment de la viande bovine (80 % sous forme de bovins maigres et 20 % en bovins finis) pour combler ses besoins sur le marché intérieur. Le pays se place ainsi au 2ème rang mondial des importateurs de bovins, juste derrière l’Union européenne (dans son ensemble). Mais la récente dévaluation de la livre turque fait ralentir ces importations. La France fournissait jusqu’ici 50 000 bovins par an, dont 20 900 broutards (partiellement issus de Poitou-Charentes).

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 23 unes régionales aujourd'hui