L'Agriculteur Charentais 20 mars 2014 à 08h00 | Par Thierry Michel

Philippe de Goustine - L’État doit prendre ses responsabilités pour détruire l’ambroisie

Président de Stop Ambroisie

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- © Réussir

Vous tirez à nouveau la sonnette d’alarme concernant l’ambroisie. Pouvez-vous faire le point ?
En Rhône-Alpes, la progression de l’ambroisie est fulgurante depuis les années 1950-60. D’une situation où l’ambroisie était anecdotique, on est passé en 2014 à 40 000 ha infestés soit 900 ha de plus chaque année. 15 à 20 % des habitants des zones cultivées sont touchés, soit 500 000 personnes dont 50 % souffrant d’asthme. Pour la collectivité, ceci a un coût de 20 millions d’euros par an a minima pour les frais de santé et plus de 10 millions d’euros de pertes de revenus pour le monde agricole. Et l’ambroisie gagne maintenant d’autres régions, notamment en Bourgogne, Pays de la Loire, Poitou-Charentes…

Pour vous, le gouvernement ne prend pas ses responsabilités. Que lui demandez-vous ?
De nombreux acteurs - maires, agriculteurs, gestionnaires de linéaires, Conseils Généraux, associations, particuliers - font du bon travail sur le terrain. Mais les actions isolées ne peuvent pas être efficaces. Seule une action territoriale, coordonnée et généralisée à tous les acteurs pourrait juguler ce fléau. Les moyens mis en œuvre depuis 20 ans par l’administration sont notoirement insuffisants. Nous attendons de l’Etat qu’il donne enfin une forte impulsion à la lutte contre l’ambroisie, qu’il mobilise réellement ses services ainsi que les élus communaux pour que les propriétaires fonciers, publics et privés, détruisent leurs ambroisies. Des mesures réglementaires contraignantes doivent aussi être mises en place. Le rejet en décembre 2013 par le gouvernement du projet de loi ambroisie est incompréhensible pour Stop Ambroisie et hautement préjudiciable pour les personnes allergiques. À ce rythme, dans quelques années, nous ressemblerons à la Hongrie où l’ambroisie touche 90 % du territoire et provoque des allergies chez 50 % de la population.

Pouvez vous rappeler quelques-unes des mesures les plus efficaces concernant le monde agricole ?
Le monde agricole est aujourd’hui responsable de 75 % des émissions de pollen d’ambroisie. Des techniques de lutte existent, elles sont bien connues, simples et peu coûteuses. Pour les cultures d’hiver, juste après moisson, le meilleur moyen est le déchaumage pour le broyage. En dernier recours, appliquer un désherbage chimique. Pour les cultures de printemps, le désherbage chimique au semis doit être soigné. Pour les tournesols, qui sont de la même famille botanique que l’ambroisie, la lutte était jusqu’à présent très difficile et les pertes de récolte pour l’agriculteur pouvaient être importantes. Depuis quelques années, il existe des variétés pour lesquelles le désherbage est très efficace, conseillées par les vendeurs de semences.

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