L'Agriculteur Charentais 05 décembre 2013 à 08h00 | Par Myriam Tricoci

Philippe Lemanceau - «Réconcilier agronomie et écologie»

Directeur unité agroécologie Inra Dijon

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- © M. TRICOCI

Pouvez-vous nous définir en quelques mots l’agroécologie ?
Il existe plusieurs acceptions de l’agroécologie. En France et en Europe, c’est une discipline scientifique, associant agronomie et écologie, qui vise à proposer des systèmes agricoles durables. Il s’agit de réconcilier agronomie et écologie afin de promouvoir l’émergence d’une vision intégrée des agro-ecosystèmes qui délivrent, au-delà de la production agricole, des services environnementaux tels que la biofiltration de l’eau, le stockage du carbone dans les sols, la préservation des paysages… Cette dynamique de recherche est partagée au niveau mondial. La FAO y a consacré un rapport. Elle s’inscrit dans un contexte de prise de conscience collective de l’importance de la préservation de l’environnement : Grenelle de l’Environnement, plan EcoPhyto. À l’INRA, l’agroécologie est une thématique centrale. L’unité de recherche agroécologie de Dijon joue un rôle important dans ce dispositif de recherches.

Et en quoi consistent vos travaux ?
Ils visent à proposer des systèmes agricoles qui valorisent la biodiversité et les interactions entre organismes afin de réduire l’utilisation d’intrants de synthèse, tout en restant productifs. Cela passe par la recherche de génotypes de plantes qui tirent profit de l’environnement, l’étude des microbes du sol et de leurs interactions avec les plantes ou encore l’analyse des agroécosystèmes à l’échelle du paysage. Nous travaillons au niveau européen avec, par exemple, la coordination d’un programme sur la biologie des sols pour préparer la directive-cadre sur les sols.

Et concrètement, quelles sont les solutions - ou les contraintes - pour les agriculteurs ?
La demande sociétale est très forte. L’agriculture doit fournir des produits agricoles en quantité et en qualité, ainsi que des services environnementaux. Il n’y a pas de recette unique qui s’applique à tout et partout. Le travail se fait à diverses échelles et pas seulement celle de l’exploitation. On peut, par exemple, choisir de travailler certaines parcelles de manière intensive et en laisser d’autres plus libres en fonction des sols ou de leur localisation. Ou choisir l’échelle temps et opter pour une rotation des cultures différente. Nous testons des solutions agroécologiques au niveau de l’unité expérimentale d’Epoisses, en Bourgogne. En particulier pour le contrôle des adventices avec une plus faible utilisation de pesticides, que nous proposons ensuite aux agriculteurs. Une mise en œuvre concrète qui fonctionne sur le terrain.

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